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protégée par la mer contre les invasions des peuples orientaux; mais nullecontrée n’invitait mieux les marins aux expéditions paciliquesdu commerce.Largement ouverte sur la mer Égée par ses golfes et ses ports, précédéed’iles nombreuses d’étape et de refuge, la Grèce pouvait entrer facilementen rapports d’échange avec les populations plus cultivées qui vivaient en face,sur les cotes dentelées de l’Asie Mineure. Les colons et les voyageurs derionic d’orient n’apportaient pas seulement des denrées et des marchandisesà leurs frères Acliéens ou Pélasges, ils leur transmettaient aussi les mythes,les poèmes, la science, les arts de leur patrie. Par la forme générale de sesrivages et la disposition de ses montagnes, la Grèce regarde surtout versl’Orient, d’où lui vint la lumière; c’est du côté de l’est que les péninsuless’avancent dans les eaux et que sont parsemées les îles les plus nombreuses;c’est également sur la rive orientale que s’ouvrent les ports commodes etbien abrités, et que s’étendent, dans leur hémicycle de montagne, lesplaines les mieux situées pour servir d’emplacement à des cités populeuses.Cependant la Grèce n’a pas, comme la Turquie , le désavantage d’être à peuprès complètement privée de rapports directs avec l’Occident par une largezone de montagnes difficiles et des côtes abruptes. La mer d’Ionie , à l’ouestdu Péloponèse, est, il est vrai, relativement large et déserte; mais le golfede Corinthe , qui traverse toute l’épaisseur de la péninsule hellénique, et larangée des îles Ioniennes, d’où l’on aperçoit au loin les montagnes de l’Ita-lie , devaient inciter à la navigation des mers occidentales. Dans les tempsantiques, les Acarnaniens, qui connaissaient Part de construire les voûtesbien avant les Romains, purent, grâce au commerce, enseigner leur art auxpeuples italiens, et [dus tard les Grecs devinrent sans peine les civilisa-teurs de tout le monde méditerranéen de l’Occident .
Le trait distinctif de l’IIellade, considérée dans son relief, est le grandnombre de petits bassins indépendants et séparés les uns des autres par desrochers et des remparts de montagnes. D’avance, la disposition du sol se prê-tait au fractionnement des races grecques en une multitude de républiquesautonomes. Chaque cité avait son ileuve, son amphithéâtre de collines oude monts, son acropole, ses champs, ses vergers et ses forêts; presque toutesavaient aussi leur débouché vers la mer. Tous les éléments nécessaires àune société libre se trouvaient réunis dans ces petits groupes indépendants,et le voisinage de cités rivales, également favorisées, entretenait une ému-lation constante, qui trop souvent dégénérait en luttes et en batailles, Lesîles de la mer Égée accroissaient encore la diversité politique ; chacuned’elles, comme les bassins de la péninsule hellénique, s’était constituée encité républicaine ; partout l’initiative locale se développait librement, et