95b NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
tugal, de même l’histoire de Lisbonne se lit dans les traits du milieugéographique. En premier lieu, cette capitale se trouve à peu près exacte-ment sur la ligne médiane de tout le littoral portugais , à l’endroit autourduquel devaient le mieux s’équilibrer toutes les forces du pays. En outre,Lisbonne a le précieux avantage de posséder un port excellent, accessibleaux plus grands navires, puisque la profondeur du chenal d’entrée dépassepartout 50 mètres; il est parfaitement protégé contre les vents dangereux dusud-ouest, et se prolonge jusqu’à plus de 10 kilomètres en amont de la ville;les navires y sont amenés par la marée et en sont remportés par le jusant,lie port est à la fois un estuaire et la bouche de l’un des lleuves de laPéninsule qui se prêtent le mieux au commerce dans la partie inférieure deleur cours; les chalands, portant les denrées locales, et les bâtiments long-courriers viennent à l’encontre les uns des autres dans la même rade.Les Hottes réunies dans le port de Lisbonne ne sont pas seulement à l’abrides orages; grâce à l’heureuse configuration du littoral, il est, en outre,facile de les défendre contre les attaques du dehors. Des deux côtés la terres’avance en promontoire, comme pour fermer l’estuaire, et ne laisse auxnavires, entre les charmants rivages de ses collines, qu’un étroit gouletde passage, dont la largeur varie de 1 à 5 kilomètres, et que l’on a borde’'de bastions et de forts. Deux ouvrages de défense croisent leurs feux, àl’entrée même du détroit : sur un promontoire du nord, le fort Sào Juliào;sur un îlot de la pointe méridionale, la Tour do Jiugio.
Toutefois l’importance naturelle de Lisbonne ne lui vient que pour unefaible part de sa position par rapport au reste du Portugal : elle lui vient sur-tout de la situation qu’elle occupe relativement à l’Europe et au monde. Tantque le grand mouvement de l’histoire ne dépassa point le bassin de la Médi-terranée, pendant la période gréco-romaine et presque tout le moyen âge,Lisbonne , ne se trouvant pas encore sur un dos grands chemins des nations,ne pouvait évidemment sortir de son obscurité ; mais dès que les Colonnesd’Herculc eurent cessé d’arrêter les marins, dès que les navigateurs italienseurent enseigné leur art aux Portugais , le beau port du Tagc devint l’un desprincipaux points de départ des navires de découverte. Lisbonne devenaitle véritable observatoire de l’Europe vers les mers atlantiques. Nulle citén'était mieux placée pour les explorateurs qui voulaient se rendre auxAçores , à Madère, aux Canaries , pour ceux qui avaient à suivre les côtes duMaroc , prolongation naturelle du littoral portugais vers le sud, et qui, depromontoire en promontoire, cherchaient à contourner le continenL africain .On sait avec quel succès les marins de Lisbonne accomplirent leur œuvre dedécouverte : ils finirent par donner à leur mère patrie un littoral immense,