8
NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
de Saint-Paul et de Fernào de Noronha, a moins de ‘291)0 kilomètres, etdans cette zone de partage les eaux sont un peu moins profondes quedans les parties de l'Océan situées au nord et au sud. Dans son ensemble,l’Atlantique açorien a la forme d’un croissant aplati développant à l’ouestsa courbe convexe, bordée par les Clats-l nis, les Antilles , les côtes des(iuyanes et du Présil ; la concavité intérieure du croissant est celle que des-sine le littoral de l'Afrique, du détroit de Gibraltar au cap Palinas.Dette partie de l'Océan a des fonds beaucoup plus accidentés que .ceux del'Atlantique boréal au sud du Groenland et de l’Islande . Non seulementles saillies des îles et des îlots, les piédestaux qui les soutiennent, les bancs•pii les entourent interrompent les abîmes océaniques outre l'Afrique ellesAntilles , il existe en outre dans celle région de nombreuses montagnessous-marines, dont la formation est très probablement due à des formationsde laves, comme celle des archipels émergés. C'est principalement au nordet à l’ouest des Açores que la sonde à rencontré de ces archipels sous-marins : une soudaine dénivellation do 1000 mètres révélerait l’existence<l’îles nombreuses, les unes disposées en groupes sporadiques entre le [da-leau télégraphique et les Açores , les autres se prolongeant à l’occident decet archipel sur une quinzaine de degrés en longitude dans la direction dubanc de Terre-Neuve. Toutefois la plupart des bancs et les hauts-fonds indi-qués *ur les anciennes cartes, — tels les bancs de Sainte-Marie et de Kou-lousov, au sud des Açores , — n’ont pu être retrouvés par les sondeursmodernes : des tremblements de mer, des trombes, des gammes de cétacés,des amas flottants de pierre ponce ont souvent fait croire à l'existence derécifs en des endroits où. la sonde descend sans toucher fond à 4000 et 5000mètres. De brusques changements de couleur, du vert au bleu, du bleu aunoir, que l’on observe dans l'Atlantique açorien répondent d’ordinaire àdes différences de profondeur : telle est du moins la coïncidence quifrappa les membres de l’expédition du Talisman dans une partie de l’At-lantique açorien où le fond est très inégal; là quatre dragages donnèrentsuccessivement 888, 175, 240 et 1495 mètres*. Toutefois les mêmessavants remarquèrent que l’eau était d’un vert sale entre les Canaries et lesîles du Cap-Vert et, loin de trouver de « petits fonds » dans ces parages,ils constatèrent que la profondeur moyenne de la mer y atteint 2700 mètres' 2 .Ce phénomène des changements de couleur dans l’eau marine est un deceux que les physiciens expliquent le plus diversement. D’après Toynbee,
1 Poirier, Explorations sous-marincs.
3 Purfiiit et Vincent, Bulletin (le la Société de Géor/raplde d» Rocheforl, -1885-1881, n° 2.