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L’épaisseur moyenne des eaux, calculée par M. lvrümmel pour toute ladépression de l’Atlantique , serait de 5681 mètres. Elle est probablementun peu plus considérable pour le bassin des eaux açoriennes. Si l’archipeldes Açores , avec son prolongement occidental de hauts-fonds, constitue, aucentre de l’Atlantique, un seuil transversal dans l’immense vallée, c’estdans la continuation de cet axe de monts émergés et sous-marins quese trouve l’un des plus profonds abîmes connus de l’Atlantique : unevaste cuve, au sud du banc de Terre-Neuve, se maintiendrait encore siles eaux baissaient soudain de 6ÜU0 mètres. En autre gouffre se creusedans le voisinage presque immédiat des Antilles : dans ces parages, à157 kilomètres au nord de l’île de Saint-Thomas , la sonde du Challengerdécouvrit un creux de 7091 mètres, que l’on crut être le plus profond del’Atlantique; mais à une centaine de kilomètres plus à l’ouest le Blaketoucha le fond à 7887 mètres au-dessous de la surface marine. Vers lapartie orientale du bassin, dans les mers de l’archipel Caboverdien, etmême entre cet archipel et le continent africain , se trouvent des fonds ayantplus de 5000 mètres sur de vastes étendues. Dans l’ensemble, tout l’Atlan-tique açorien présente la forme d’une double vallée, l’une contournantl’Afrique , l’autre baignant les terres américaines, ayant pour seuil deséparation une longue croupe se dirigeant au sud-ouest des Açores dansla direction delà Guyane . Ce « dos » ou « seuil du Dolphin », ainsi que l’ontnommé les géographes anglais , se continue-t-il dans l’Atlantique méri-dional vers un autre seuil, celui du Challenger, par une croupe continuedite « dos de Jonction »?Les sondages ne sont pas assez nombreux pourpermettre de l’affirmer, quoiqu’il se trouve déjà dessiné sur la plupart descartes bathymétriques de l’Océan.
Si ce n’est dans le voisinage des îles, où l’on trouve des lits de coraux,les matières ramenées des fonds à la surface par les entailles de la sondeconsistent principalement en vases qui présentent peu de diversité. Dans lesparages les moins profonds, le naturaliste peut y reconnaître encore lesdébris de globigérines et d’autres animalcules; mais dans les abîmescreusés à plus de 5000 mètres les fragments de coquillages sont tellementmenuisés et modifiés par l’énorme pression à laquelle ils ont été soumis,qu’il est impossible d’y distinguer les restes mélangés des organismes :tout se trouve confondu en une vase de composition analogue à celle de lacraie; plus bas encore, une sorte d’argile rouge est le dépôt caractéristiquedes fonds de l’Océan’. Les observateurs du Talisman ont observé dans les
1 Wvville Thomson, The Voyage of the Challenger,