COURANTS DE L’ATLANTIQl'E.
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des eaux. Quoi qu’il en soit, les différences de salure el de chaleur entre lescouches liquides a idem l certainement à la marche des courants; maisles mouvements qu’elhes déterminent ne peuvent être connus que par lesobservations les plus dléliieates, poursuivies pendant de longues années.
La vitesse moyenne (des courants majeurs de l'Atlantique açoricn ne peutguère être évaluée à plais d’un kilomètre par heure, soit à un quarantièmede la vitesse du veut qmi souflle au-dessus : dans la partie orientale dugrand courant de l’est à l’ouest, la marche du Ilot varie de î20 à près deÔO kilomètres par viing>T-qualre heures. Dans les parties centrales dubassin, et notamment dams la mer des Sargasses, le courant se ralentit;il s'accélère au contraiire 1 dans le voisinage du littoral et dans les détroitsdes îles. Quoique faiblle, le mouvement des eauxalizées, aidé par les vents,n’en est pas moins d’ium grand secours aux navires qui se dirigent versle Nouveau Monde, ett «ans ce chemin en marche Colomb n’eùt certai-nement pas atteint G uamahani. C’est aussi grâce à ces courants que desvoiliers ont fréquemnnemt abordé en Amérique alors que leur équipagecherchait à gagner les îhes ou à pénétrer dans l’Atlantique austral. Rien demoins improbable que; dons l’antiquité des vaisseaux aient été ainsi détour-nés de leur route etqme des émigrants involontaires de l’Ancien Monde, desPhéniciens par exemplte, aient fondé des colonies en Amérique ' ; mais aucuntémoignage précis ne confirme ces hypothèses relativement aux époqueslointaines, tandis quie dans la période moderne on cite de nombreuxexemples de navires «einlraînés vers l’ouest par les vents et les courantsalizés. C’est porté par le courant qu’eu l’année 1500 Alvarez Cabrai décou-vrit le Brésil en suivamt la route des Indes. Viera y Clavijo raconte qu’unebarque détachée, du xvilllage de Lanzarote alla s’échouer sur les cotes duVenezuela . En 1751, mue autre barque chargée de vins quittait l’ile deTenerife pour se rendlrc' dans une autre terre de l’archipel canarien : jetéeà l’ouest par une tcmipiéte, elle finit par abordera Port d’Espagne, dansl’ile américaine de lia Trinité : l’équipage, n’ayant de vivres que pourcinq ou six jours, avoit. été réduit à boire du vin pour toute nourriture 2 .Un juge de Terceira , (essayant de regagner son île en venant de San-Jorge,fut poussé au Brésil , (d’où il revint par la voie de Lisbonne 3 .
Le Challenger, le Talisman, le Magenta et autres navires qui ontrécemment exploré l’.Atllantique n’ont pas rapporté seulement de précieusesobservations sur les piro>fondeurs marines, sur la nature des fonds, la tem-
1 Oufroy de Thoron, Bullediw de la Société de Géographie de Paris , 188 i.
2 Roinanct du Caillaud, imèime recueil, 5 mars 1886.
3 Fouqué, Revue des Dcucx-Jilondes, 1" janvier 1873.