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Livre XII. L'Afrique Occidentale.
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pé rature i'l les mouvements des couches liquides, les naturalistes qui lesmoulaient se sont occupés surtout de l’élude des organismes qui peuplentces mers, et lâche a été la moisson qu’ils ont obtenue. Le bassin de l’Atlan-tique açorien, d’une température plus élevée que les mers équatoriales, estd’une richesse extrême en vie animale : certains parages, notamment dansle voisinage des Canaries , sont de ceux où les êtres vivants sont assez nom-breux pour que l’eau en paraisse animée : des myriades d’êtres de toutesformes, de toutes nuances, opaques ou transparents, brillants ou presqueinvisibles, se meuvent à la lumière; des cétacés, des squales précédés de,leurs « [ûlotes » (naitcratex durtur), des poissons par centaines d’espèces,parcourent les eaux ; de chaque vague on voit s’élancer des exocets oupoissons volants, qui retombent dans une deuxième vague, où souventles atteint l’animal chasseur; les argonautes ou « vaisseaux de guerreportugais » cinglent sur le flot comme des barques à voile blanche. Au-dessous de la faune des eaux supérieures qui se déplace suivant les saisons,nageant vers le nord en été, descendant vers le sud en hiver, les naturalistesétudient maintenant une deuxième faune, dont l’aire est beaucoup plusétendue, grâce à l’unifonnité de température qui prévaut dans l’eau pro-fonde. Quels cris de joyeux étonnement ont souvent accueilli sur le pontdu navire les blets ramenés de deux ou trois mille mètres de profondeur,avec leurs animaux merveilleux, que le regard de l’homme voyait pour lapremière fois !

Ainsi que l’a dit Ilumboldt il y a bientôt un siècle, la mer est sur-tout le théâtre de la vie animale, et les plantes ne croissent guère que surles berges rocheuses des îles et des rivages continentaux; elles appar-tiennent à la terre ferme, du moins par leurs racines. Toutefois l’Atlan-tique açorien possède aussi sa flore de haute mer, les sargasses, que l’onconsidéra jadis comme le reste de l’Atlantide , comme des prairies d’alguesayant surnagé tandis que le continent s’engouffrait au-dessous 1 . Avec leurstiges ramifiées, leurs membranes latérales en forme de feuilles dentelées,leurs flotteurs qu’on dirait des baies, les sargasses ou raisins des tropiques(fuctttt nataw, san/awtm bacciferum) ressemblent à s’y méprendre à desplantes d’organisation terrestre; néanmoins ce sont bien des algues,comme celles du littoral, et l’on n’a jamais pu y découvrir d’organesreproducteurs. Ces plantes ne sont point, comme on le croyait jadis, desépqves de fucus que les vagues auraient arrachées aux côtes des Antilles etdu continent américain pour les livrer ensuite au courant et les faire tour-

Ravnal, Histoire politique et philosophique des deux Indes.