FLORE ET FAINE DE L ' A T L A N TIQ l'E.
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noyer sans lin dans le cercle des eaux équatoriales. Ainsi que Meyen leconstata le premier en 1830, et que M. l.eps l’a depuis démontré en desmémoires détaillés 1 , le sargasse baccifère est une plante océanique néedans les parages mêmes où la rencontrent les navires. Une eschare placéevers le milieu du végétal arrivé à son plein état de développement indiquele point d’où s’est détaché un rameau plus jeune, qui se fragmentera àson tour. Ainsi se forment, non des prairies, — pmtlerias — comme ledisaient par exagération les premiers navigateurs, mais des traînées detouffes qui se succèdent en îles et en archipels de quelques mètres en lon-gueur, parfois même de quelques hectares 5 , changeant constamment decontours sous l’action du Ilot : la proue des navires les partage sans effort,car elles ne forment qu’une couche superficielle et ne se superposentnulle part en lits épais. A l’est des Açores , on ne rencontre point ces plantes.Les régions de la mer où les sargasses se pressent en plus grand nombres’étendent à l’ouest et au sud-ouest des Açores , sur un espace de plus de15 degrés dans les deux sens, du nord au sud et de l’est à l’ouest : c’estune superficie d’environ trois millions de kilomètres carrés. Plus à l’ouest,dans le voisinage des Antilles , une autre « mer des sargasses », moinsvaste que celle des parages açoriens, se compose d’ilots herbeux plus clair-semés, dont les fragments détachés sont entraînés en longues processionsdans la mer des Caraïbes par les détroits qui séparent les Antilles .
Les « îles » de verdure ont leur faune comme les îles terrestres. Toutesles haies des sargasses sont incrustées de pohjzoon blancs. Les poissonsqui se cachent à leur ombre ou dans leurs touffes ont revêtu la livréedes plantes protectrices et sont, difficiles à discerner, même par le natura-liste, parmi ces algues dont le vert olivâtre se mêle de blanc et de jaune.Un des poissons, Yantennarim marmoratus ou ehironecte marbré, qu’oncroirait d’abord n’être qu’un fragment informe de fucus, de 4 à 10 cen-timètres de longueur, est plus fait pour la marche que pour la natation :par une bizarre coïncidence, ses nageoires, indiquant déjà l’organisation desmembres de quadrupèdes, se terminent par de véritables doigts et lesnageoires antérieures prennent même la forme de bras, avec coudes, avant-bras et mains doigtées 3 ; au moyen de lils gluants il se construit un niddans les algues. L’ensemble de la faune des sargasses, poissons, crustacéset mollusques, comprend une soixantaine d’espèces. Les Açoriens auraientavantage à établir des pêcheries dans ces champs de varechs flottants; ils y
1 Annales Hydrographiques, 1857. —Bulletin delà Société de Géographie de Paris , sept. 1865.
- AVyville Thomson, ouvrage cité; — Giglioli c Issol, Pelagos.
* terrier, ouvrage cité.