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NOUVELLE GEOGRAPHIE UNIVERSELLE
Maria est celui qui se distingue le plus des autres par ses expressionsarchaïques'.
Quoique peu fanatiques de leur naturel, les Açoriens sont très religieux,et les tremblements de terre, phénomènes encore moins expliqués pour euxque pour les savants, — qui du moins discutent des hypothèses, — con-tribuent à les maintenir dans ce senlimenl de crainte que les théologiensdisent être le « commencement de la sagesse » ; les chants populaires desAçores témoignent de ces terreurs. A chaque secousse, les habitants seprécipitent en foule dans les églises. M. Furtado raconte qu’à la suite d’unsoulèvement agraire une vibration du sol renversa quelques maisons duvillage de l'ovoaçao ; aussitôt les gens effrayés se jetèrent à genoux dans lesrues, poussant de grands cris de repentir et demandant pardon aux pro-priétaires. Les images miraculeuses sont visitées par d’innombrables pèle-rins, et leurs sanctuaires s’enrichissent d’offrandes : un Ecce Ilomo d’uncouvent de Ponla-Uelgada est célèbre par ses prodiges dans tout l’archipel,même au Portugal et au Brésil ; jusqu’à des Maures, dit la chronique,lui ont envoyé des présents. Malgré la ferveur religieuse des Açoriens, onne retrouve pas chez eux une aussi grande variété de superstitions que dansla mère patrie, ce qui s’explique, pense M. Furtado, par la monotonie deleur existence et l’uniformilé des paysages qui les entourent : la pauvretéde la flore et de la hume, l’absence de monuments anciens, un passé sanshistoire, telles sont les causes de leur infertilité d’imagination. Ce qu’ilsont gardé de leurs ancêtres les Portugais est resté très profondément dansleur esprit, mais leur évolution propre a été plus lente que celle de leurscompatriotes du continent. Toutefois des changements rapides s’accomplis-sent actuellement chez les Açoriens dans leur conception du monde exté-rieur : s’ils étaient naguère au nombre des humains qui vivaient le plus àl’écart, la pêche de la baleine et l’émigration en ont fait de grands voya-geurs : on rencontre maintenant parmi eux des milliers d’individus qui con-naissent le Portugal, le Brésil, les Antilles , les îles Sandwich, les mersarctiques; peut-être nulle population d’insulaires ne renferme-t-elle uneaussi forte proportion d’honnnes ayant fait le tour du monde.
Presque toujours, chez les campagnards de San-Migucl et des autres îles,les mariages sont pure affaire de convenance et d’intérêts. Quelques tracesde l’ancienne réclusion des femmes se sont maintenues dans la constructiondes maisons et surtout dans le costume : enveloppées de grands manteaux,les Açoriennes glissent comme des fantômes. 11 existe encore maint capu-