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Livre XII. L'Afrique Occidentale.
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ci finit par être déshérité au profil d’un homme de loi ou de quelquepersonnage enrichi revenu du Brésil 1 . Aussi, dans presque toutes les fa-milles, des jeunes gens essaiment à l’étranger : le chiffre annuel des émi-grants varie de deux à trois milliers et l’on évalue à un million de francs letotal des sommes que les expatriés envoient annuellement à leurs parents 2 .Des sociétés de navigation se sont formées pour exploiter ce mouvementd’émigration et le diriger régulièrement vers diverses contrées. Aux pre-miers pays choisis par les colons açoriens, le Brésil, les Etats-Unis et lespossessions africaines du Portugal , se sont ajoutées les îles Sandwich. Dèsle milieu du siècle, quelques matelots açoriens des navires Baleiniers avaient déserté pour s’établir dans Hawaii ; mais le Ilot d’émigration necommença qu’en 1879, après les désastres subis dans l’exploitation desorangeries. A la fin de 1880, la colonie portugaise de Hawaii se composaitde 1-495 personnes, dont 815 natives des Açores , 440 de Madère et 120de l’archipel du Cap-Vert ; dans la seule année de 1882, plus de deuxmille Açoriens, dans le seul district de Ponta-Delgada , s’embarquèrent poul-ies Sandwich ; en 1884, on comptait dans l’archipel océanien 9577 Por-tugais, Açoriens en majorité. Les jeunes gens surtout s’enfuient des Açores afin d’éviter le service militaire et l’ennuyeuse vie de garnison dans quelqueforteresse du Portugal . Une loi récente oblige les garçons âgés de plus dequatorze ans à déposer au départ la somme nécessaire à l’achat d’un rem-plaçant, mais celle loi est fréquemment éludée.

L’agriculture est la grande industrie des Açoriens. Les instrumentsemployés par les cultivateurs sont très primitifs et même les hersessont encore celles de Page de [lierre : des bois armés à la partie inférieurede fragments de lave. Mais la terre est d’une fertilité extrême et rend plusqu’au vingtuple la semence qu’on lui confie. Les propriétaires sont rare-ment absents de leurs domaines, comme le sont d’ordinaire les grands feu-dataires des autres pays; ils résident dans l’ile et prennent soin d’affer-mer les terres qu’ils possèdent; en mainte région de San-Miguel on netrouverait pas un pouce de terre qui ne lut employé; même des sommetsde rochers paraissant inaccessibles sont cultivés en ignames. Le fromentest très productif dans Pile de Santa-Maria, mais il dégénère vile dans San-Miguel; on cultive aussi les fèves, les haricots, les patates douces et lesignames, qui servent non seulement à l’alimentation publique, mais aussià la distillerie de spiritueux. L’abondance est grande pour toutes les ré-

1 Arruda Furtado, mémoire cité.

2 Émigration du district de l’onta-Dolgada, de 187-2 à 1882 : 13 473 (Arruda Furtado).