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Livre XII. L'Afrique Occidentale.
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GRACIOSA, SAN-JORGE, RICO.

Tellement fière d'aspect est la montagne, on le « Pic » par excellence,qui se dresse à 2520 mètres au-dessus du groupe central des Açores , queson piédestal insulaire n’a pas même reçu de nom : simple hase du volcan,e son pourtour ovale se développe sur un espace de 120 kilomètres,il n’a jamais eu d’autre appellation que Pico. Ites deux cotés de Pile , onvoit les pentes s’élever graduellement vers le pic, fort allongées sur le ver-sant oriental, plus raides sur le versant occidental. A la hase proprement-dite du volcan, l’inclinaison devient [dus forte, et le cône régulier de lacime se redresse suivant un angle de 35 degrés : d’en has, on diraitdes parois presque verticales ; aussi le « Pic » a-t-il été souventcomparé à une tour énorme dépassant la zone des nuages. De loin, quandle temps est clair, on aperçoit au sommet de la montagne le cône terminalcirconscrit par le cratère et, sur les hautes pentes, des cônes adven-tices formés par les é ^ ' s successives. Mais il est rare que l’onpuisse contempler le volcan dans tous les détails de son architecture :presque en toute saison il est enveloppé de brouillards; la cime estencore plus rarement visible aux navigateurs que celle du volcan de Tene-rife. Pendant des mois entiers elle reste voilée par des nuages et, même aufort de l’été, des neiges, abritées par les vapeurs contre les rayons du so-leil, se maintiennent dans les crevasses. Peu de gravisseurs ont la chancede voir se déchirer pour eux l’épais rideau de nuages et d'atteindre lesbords du cratère avant que le voile se soit étendu sur le panorama desterres de l’archipel éparses dans la mer bleue. C’est d’ordinaire à la hau-teur de 1200 mètres sur les [tentes que s’étalent autour du [tic les stratesinférieures des assises nuageuses; quand les vents alizés soufflent au niveaude la mer, les contre-alizés passent dans les hauteurs; la zone de sépara-tion entre les vents est marquée par ces vapeurs, toujours plus basses surle [tic des Açores que sur le pic de Teyde, dans les Canaries , parce que,sous une latitude [tins septentrionale, les vents de retour se sont considé-rablement abaissés vers la mer. Les amas de vapeurs qui entourent le Pic,désagrégeant la partie superficielle des roches, forment un sol argileuxtrès favorable à la végétation des herbes.

Depuis les temps de l'occupation portugaise, de violentes éruptions onteut lieu, mais aucune ne s’est produite dans le cratère terminal, dont lacheminée n’émet qu’une légère colonne de vapeur, mêlée à l’acide carbo-nique et à l’hydrogène sulfuré. L’éruption de 1572 paraît s’être distinguéede tous les autres incendies volcaniques du monde açorien par l’intensitéde ses feux : le phare immense éclairait tout l'archipel et changeait la nuiten jour; la lueur se projetait jusque dans les eaux de San-Miguel, à une