NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
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distance de ‘250 kilomètres par-dessus la rondeur de l’horizon. CommeTerceira et Graciosa, l'ico est en grande partie formé de laves qui sesont épanchées à l’état de fluidité parfaite, ondulant sur les pentes eucourbes serpentines; on rencontre en maints endroits des galeries sous-rocheuses qui se sont évidées par la fuite d’un ruisseau de lave et descavernes provenant des huiles énormes de gaz qui remplissaient la matièrefondue. Sur presque tout le pourtour du l'ico, de même qu’en Sicile autourde l’Etna , les eaux de pluie disparaissent dans les cendres et dans les lavesporeuses pour couler eu ruisseaux souterrains; elles ne reviennent à lasurface qu’au bord delà mer, alternativement cachées par le flux et décou-vertes par le reflux : près de quelques villages, on voit les laveuses des-cendre vers la plage à marée basse, dès que les sources apparaissent,bouillonnant au-dessus du flot 1 . Malgré l’humidité naturelle du climatet l’abondance des pluies, les habitants de l'ico sont obligés de con-struire des citernes pour se pourvoir d’eau en suffisance.
beaucoup plus grande que sa voisine Payai, l'ico n’a qu’une populationlégèrement supérieure. On raconte que les premiers colons établis à Fayal n’osaient point traverser le bras de mer qui les séparait de l'ico : la vue dumont formidable les effrayait comme celle d’un géant. Néanmoins Pile futbientôt divisée en grands domaines : de riches familles fayalaises s’empa-rèrent des terres fertiles de la rive opposée et y établirent des colons par-liaires. Grâce à la culture des vignes, ces vastes propriétés de l'ico devinrentpour leurs possesseurs une source de richesses. En 1852, la production desvins, crus qui ressemblaient au madère, s’élevait à plus de 150 000 hecto-litres; en 1855, l’oïdium avait réduit la récolte d’un cinquième et, quelquesannées plus tard, les vignes n’étaient plus que bois de chauffage. Depuis,quelques vignobles ont été reconquis : on a planté des figuiers, des abrico-tiers, dont les fruits servent à la fabrication de l’eau-de-vie; on s’occupeaussi de la culture des oignons et d’autres légumes, et sur les hauts pâtu-rages paissent des bestiaux; mais dans l’ensemble la production de Picoet par suite le commerce de Fayal ont beaucoup diminué. La populationde file appauvrie est celle qui, dans les Açores , a le plus contribué aumouvement d’émigration. Lagens, capitale de file, est un misérable bourgsitué sur la côte du sud, au bord d’une lagune que l’on parle de changeren port. Les maisons les plus charmantes de l'ico sont celles que les habi-tants de Fayal ont construites en face de leur île pour y passer les moisde villégiature, au bord de la mer, loin du fléau des moustiques.