06 NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
reste d’activité ' ic ; il esl rare que des tremblements du sol aientété ressentis.
D’une extrémité à l’antre, l’ile est dominée par une haute chaîne dorsales’élargissant cà et là en plateaux, puis s’amincissant et se tailladant ensierre. Des chaînons latéraux se détachent de l’épine médiane, et, séparésles uns des autres par de profondes barranques, vont se terminer à la meren abrupts promontoires, falaises de basaltes eolumnaires et de tufs multi-colores, bruns, rouges et jaunes, du plus étrange effet. Vers le milieu dela côte méridionale, la cime du cap (iirâo atteint 640 mètres à moins de800 mètres de la mer. La crête générale de l’ile est beaucoup plus rappro-chée de la rive du nord, et par conséquent le versant est de ce côté beau-coup plus rapide; l’aspect général de la nature est plus sauvage, les pro-montoires plus .âpres, les pointes du littoral plus aiguës, sans se recour-ber toutefois de manière à former des ports naturels : File de Madère n’enoffre pas un seul où, par tous les temps, les navires puissent mouillersans danger. D’après Oswald Ileer, Madère aurait émergé pendant les âgesquaternaires : c’est à ces temps de la planète que paraissent appartenir deslits de plantes fossilisées, découvertes sur le versant septentrional, et desamas prodigieux de coquilles terrestres se dressant en murailles près del’extrémité orientale de File, au cap Sào-Lourenço. Des fossiles marins,que l’on a trouvés à 580 mètres d’altitude, datent de la période tertiaire’.M. Walker cite quelques faits qui témoignent d’un recul de la mer sur lacôte de Funchal , et qui lui paraissent l’indice d’un soulèvement récentdu sol.
D’après Ziegler, la hauteur moyenne de l’îlc de Madère, en la considé-rant comme une masse à surface horizontale, serait de 811 mètres:mais la chaîne centrale est beaucoup plus élevée. Dans sa partie de l’ouest,de forme très régulière, elle dépasse 1200 mètres d’altitude, puis elles’élargit et constitue un vaste plateau d’environ 15 kilomètres de tour, li-mité par de brusques falaises : c’est le Paul da Serra ou le « Marais de* laMontagne », haute lande dont les dépressions offrent quelques espacestourbeux rappelant aux visiteurs anglais les moors de leur patrie. A l’estdu Paul da Serra, la crête étroite, fortement découpée par les eaux, seprolonge entre les vallées profondes; là se dresse le point culminant deFile, le Pic Iiuivo ou le mont Rouge, haut de 1847 mètres et dominantun cirque immense, le Curral das Freiras, que de brusques escarpementsou des parois de 500 mètres de hauteur entourent de trois côtés : c’est là