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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
le pays, se sont ajoutées depuis des milliers d’autres plantes introduiles parl'homme, soit involontairement avec les objets d’importation, soit de proposdélibéré, pour les cultures agricoles et industrielles ou pour l’ornement desjardins; « la violette y croît à l’ombre des bananiers: la fraise y mûrit aupied des mimosas ' ; » à côté des palmiers se voient des pins; des arbres quise correspondent sous des climats différents, tels que le goyavier et le poi-rier, se rencontrent ici dans les mêmes enclos, Grâce à quelques plantesindigènes et surtout aux espèces exotiques introduites depuis la colonisa-tion, Madère offre dans sa végétation un aspect général qui, par bien destraits, rappelle celui des contrées tropicales de l’Afrique et du NouveauMonde; pourtant l’ensemble a gardé sa physionomie européenne. Sur lessept cents plantes, dont <)27 très probablement endémiques, Ôb7 appar-tiennent à l’Europe , tandis qu’une trentaine seulement ont une origineattribuée à la flore tropicale des deux mondes. Quant aux espèces indi-gènes, propres à Madère ou communes à deux ou à plusieurs des archi-pels de l’Atlantique, c’est entre les deux archipels voisins, Madère et lesCanaries , que l’on observe la plus grande ressemblance de flores : aussiles naturalistes Webb, Berthelet, Bail ont-ils donné à l’ensemble îles deuxgroupes le nom de Maearonésie, en souvenir de l’ancienne appellationgrecque, « îles des Bienheureux ». Depuis l’époque tertiaire, la flore a peuchangé, ainsi que l’ont prouvé les recherches d’Oswald lleer sur les plantesfossiles de la montagne de Üâo-Jorge, dans la partie septentrionale de l’île.Alors le laurier til, la bruyère arborescente, le myrte et espèces voisinesétaient, comme de nos jours, les plantes caractéristiques de Madère 5 , linphénomène des plus curieux pour le botaniste est le contraste que Porto-Sa nto et les écueils des Jleserlas présentent avec la grande île de Madère :on y trouve des plantes africaines, asiatiques et américaines qui manquentà la terre voisine".
De grands changements se sont opérés dans la flore de Madère : si desmilliers de plantes nouvelles ont été introduites, il est probable que desespèces indigènes ont disparu. Dès les premiers jours de l’occupation por-tugaise commenta le déboisement de l’île principale. Gourai ves Zarco,le découvreur auquel tout le district de Funchal avait été attribué enfief, mit le feu aux forets qui recouvraient l'emplacement de la citéfuture, et l’incendie se propagea au loin dans l’intérieur de l’île, mena-çant de brûler ceux mêmes qui Pavaient allumé. Aloys de Cadamosto
1 liowilicli, Excursions in Madeira and Porto Sa nto.
- Oswnlil lleer, mémoire cité.
5 Ausland, 1870, n° 8.