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Livre XII. L'Afrique Occidentale.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

sous cet heureux climat, régnent dans le pays : le rachitisme, les scrofules,les difformités ne sont point rares; la phtisie, dont les riches étrangersviennent se guérir, lait aussi des victimes dans la population indigène ; lalèpre même se retrouve dans l’ile comme dans la mère-patrie. Enfin, onconstate dans la bourgeoisie de Madère, comme dans celle du Portugal , unetendance assez fréquente à l'obésité. A part celle dernière infirmité, lamisère peut être considérée comme la cause principale des maux quiaffligent la population de Madère. Sans doute les habitants ont la grandevertu de la sobriété et l'on n’aperçoit, que bien rarement des ivrognes; sansdoute aussi ils ont. une nourriture saine, composée surtout de maïs,d’ignames, de patates douces et de pommes île terre, avec quelques racines,des fruits et du poisson; mais cette nourriture n’est pas toujours en suf-fisance. Quant aux demeures, ce 11 e sont guère pour la plupart que desréduits sombres et humides, formés par des murs de pierre qui s’appuientcontre le rocher : aussi les femmes, qui passent la plus grande partielle lajournée dans ces tanières, tandis que les hommes vont travailler au dehors,sont-elles plus fréquemment atteintes de maladies causées par le manqued’air et de lumière. Les femmes émigrent beaucoup moins que les hommes,et quand ceux-ci s’en vont pour échapper à la misère, elles restent et sontréduites à la mendicité : c’est toujours par milliers que le nombre desfemmes dépasse celui des hommes dans l’ensemble de la population. Dansle quart de siècle qui s’écoula de 1833 à 1850 et pendant lequel eurentlieu les grandes disettes, plus de cinquante mille Madériens quittèrent lepays, soit pour les Antilles anglaises, soit pour Demerara ou le Brésil ; ilsont aussi des colonies au cap de Bonne-Espérance et aux îles Sandwich. Entrès grand nombre des expatriés périssent, mais des milliers d’entre euxont fondé à l’étranger des entreprises prospères.

Ee régime de propriété qui prévaut à Madère est le même qu’auxAçores . Quoique la terre soit devenue libre depuis 1803, cependant cesont encore les descendants des anciens feudataires ou morgados qui pos-sèdent le sol nu et l’eau des levadas 2 ; quant au fermier, ou « colon », ilrevendique tout ce qui croit sur la terre et tout ce qu’il a bâti, en un mottoute la « hienfaclure » ou hemfeiloria; le maître ne saurait l'expropriersans lui rembourser la valeur des cultures et des améliorations. Le fer-mier est devenu en réalité copropriétaire et peut vendre sa bienfacturesans demander l'assentiment du morgado : théoriquement, la rente qu’il

1 Mittermeyor; — Schullze; — Mantegazza, Un hiver il Madère.- Carlos île Miïlo, Moles manuscrites.