MADÉRIENS, VIN DE MADÈRE.
/1
paye au maître représente la moitié de la récolte, mais elle est en généralmoindre et dans certaines propriétés n’atteint pas même le quart.
La première grande culture de Madère lut celle de la canne à sucre,que l'infant don Ilenri avait fait venir de la Sicile : cette industrie devint peuà peu très prospère et, dans leur temps de richesse, les planteurs del'ile eurent une centaine d’usines livrant au commerce au milieu du sei-zième siècle une quantité de sucre évaluée à plus de quatre millions etdemi de kilogrammesMais l’industrie sucrière continuait sa route au-tour du monde, et le Brésil étant devenu à son tour un pays de production,grâce au plant qu’il avait reçu de Madère, ruina par la concurrence l'ile àlaquelle il devait sa fortune : les planteurs de Madère durent chercher uneautre denrée d’exportation. Des vignes, introduites de Candie au quinzièmesiècle, s’étaient répandues peu à peu dans l’île, réussissant au delà detoute espérance : le vin de Madère, représenté pas des crus supérieurs,« malvoisie » et « madère sec», devint une des liqueurs les plus exquises.« Quatre choses sont meilleures à Madère que partout, disait le proverbe:eau, vin, sucre, froment. » Lors de la grande prospérité des vignobles, vers1820, la production du vin atteignit 120000 hectolitres, représentant unevaleur de J2millions de francs; mais les produits diminuèrent d’année enannée, et en 1852 l’oïdium, qui avait déjà détruit les vignes de l’archipeldu Cap-Yert et des Canaries , gagna celles de Madère. Le désastre fut soudainet la ruine terrible. A grand peine avait-on réussi, après dix ou douze ansde chômage, à reconstituer le vignoble dans quelques endroits privilégiés,(pie le phylloxéra envahissait précisément les parties de l’île où l’on obtientles meilleurs crus. Cependant les cultivateurs soutiennent la lutte et l’îlecontinue d’exporter des vins 5 , que l’on coupe soit avec des vins blancsordinaires du Portugal , soit avec du cidre ou même du jus de canne àsucre. La vigne croît surtout dans les environs de Funchal et à l'issue desravins méridionaux; elle est rare sur le versant septentrional, où elleattache ses pampres aux branches des châtaigniers.
Depuis que Madère a perdu sa principale richesse agricole, ses cultivateurss’adonnent plus qu’autrefois aux cultures variées et, grâce à la plus grandefacilité des communications, l’ile alimente maintenant de ses primeurs lemarché de Lisbonne . Elle fournit à la capitale des bananes exquises, descannes à sucre et d’autres produits de la zone subtropicale; grâce aux che-mins de fer, ce commerce pourrait s’accroître indéfiniment vers l’intérieur
1 Carlos do Mollo, yoles manuscrites.
'■ Exportation du vin do Madère en 188i : 16 121 hectolitres.
Valeur. 5 505 ÜÜÛ francs.