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NOI'VEI.LK GÉOGRAPHIE UNIVERSEI.I.E.
du continent : Madère deviendrail, si le commerce était libre d’entraves, lejardin du midi pour toute l'Europe occidentale . Dans tons les magasinsde Lisbonne où se vendent les fruits et les primeurs de Madère sont exposésaussi les produits de l’industrie insulaire, dentelles, broderies et Heursartificielles, chapeaux de paille, nattes, fauteuils, bois sculptés, ouvragesde marqueterie et mille objets qui demandent du goût et l’adresse desmains. Dans les villages de Madère ces travaux sont confiés surtout auxfemmes et aux infirmes.
On sait que l'ile possède aussi, comme la Suisse et les villes d’biver dulittoral méditerranéen, une « industrie » fructueuse, celle d’« exploiter » lesétrangers, malades ou bien portants, qui viennent chercher la guérison oula joie de vivre sous son doux climat. Il en meurt beaucoup cependant, etl’on a même appelé Madère « un des cimetières de Londres » ; mais, ainsique l'a dit M. Thiercelin', « la faute n'en est pas à la terre où l’on vamourir, mais bien à celle où l’on a vécu ». Le nombre des visiteurs varied’année en année suivant les caprices de la mode et les vicissitudes desaffaires, mais on peut évaluer en moyenne à cinq cents les étrangers,Anglais en majorité, qui passent l’hiver à Funchal et à 2Ù0000Ü francsles bénéfices que les industriels de Madère retirent de ces visites. La situa-tion de l’ile sur le parcours des bateaux à vapeur qui longent la côte afri-caine, faisant escale de port en port, a pour résultat d’augmenter l’impor-tance commerciale de Madère par le va-et-vient des passagers; presquejournellement quelque paquebot déverse à Funchal une foule de curieuxqui viennent pendant des heures ou des jours poser leur pied sur cetteterre fortunée 2 . Dans ces dernières années, Madère est aussi devenue unsanatoire pour les Européens , fonctionnaires ou soldats, qui résident surle littoral africain, dans la Sénégambie, à Sierra-Leone, à Liberia : ilsviennent respirer le souffle des vents frais dans celte même île où leshommes du nord se réchauffent au soleil du midi.
La présence de ces nombreux étrangers qui enrichissent l’ile, aidant à laconstruction des routes et à l’embellissement des jardins, ne pouvait man-quer non plus de transformer la ville où ils se sont établis. Grâce à eux,Funchal , ou « ville du Fenouil », la capitale et l’unique cité de l’ile 3 , a pris
1 Journal d'un Baleinier.
- Mouvement île la mile île Funchal en 1882 :
Bateaux à vapeur. 488 jaugeant 098 558 tonnes.
Voiliers. 189 » 49 354 )>
Ensemble îles navires. . 677 jaugeant 747 892 tonnes.
Valeur des échanges de Madère en 1885 : 10 G 44 000 francs.