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Livre XII. L'Afrique Occidentale.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

rananemix, contournée, hérissée d’épines, d’aspect méchant, et laissantcouler de ses déchirures un poison mortel ; plus haut croît Vcuphorbiabahamifera, au lait inoffensif : la liqueur nourricière est parfois siabondante dans ce végétal, qu’il suffit de frapper d’un bâton sa peau lui-sante et tendue pour qu’un jet s’élance jusqu’à deux ou trois mètres dedistance. Le dragonnier (dracœitux draco), ainsi nommé à cause de sa formebizarre et du suc rouge qui en découle',est aussi l’une des plantes caracté-ristiques de la zone africaine des Canaries . La variété géante de ce végétalest devenue célèbre par les descriptions de Ilumboldt : on se rappelle le dra-gonnier "" dans file de Tenerife , dont le tronc avait plus de

14 mètres de tour à hauteur d’homme et qui dressait à 20 mètres lecandélabre de ses branches ramifiées, se terminant toutes par des bou-quets de feuilles unies en une vaste ombelle. Cet arbre, que les indigènesdisaient contemporain de la naissance du monde et dans lequel Ilumboldtadmirait la « jeunesse éternelle de la nature », n’existe plus : il était déjàcreux à l’époque de la conquête et servit de chapelle aux Espagnols aprèsavoir été un temple pour Guanches ; un coup de vent l’a renversé. Quantau palmier des Canaries , auquel le dattier est maintenant associé, il nedonne pas de fruits comestibles, mais à Cornera on sait en extraire unsirop vineux. Les Canariens avaient des figuiers; mais les fruits, qu’on aretrouvés dans les lombes, étaient beaucoup plus petits que ceux desarbres actuels, de variétés espagnoles 2 .

La zone européenne des Canaries , caractérisée principalement par leslauriers et par les arbres naturalisés, tels que le chêne et le châtaignier,s’étend sur les pentes moyennes des îles occidentales. Les bois de lauriersont presque disparu de Cran Canaria et de Tenerife ; mais Cornera, plusriche en eaux courantes, possède encore des Lumières admirables dans lesparties centrales de l’île. Au-dessus des lauriers et de la zone des maquis,où dominent les cistes, comme dans les îles de la Méditerranée, vient lazone des pins, représentée surtout dans l’île de Palma, où prospère aussile cèdre des Canaries (juniperux cednix), devenu fort rare à Tenerife et dansles autres îles. Le pin des Canaries est un des conifères les plus remar-quables, car il présente les caractères médiaires entre les espèces d’Europe et celles du Nouveau Monde : aux premières il ressemble par les fruits,aux autres par les aiguilles. On ne le retrouve ailleurs qu’à l’état fossile,dans les terrains supérieurs miocènes de la province de Murcie .

1 Rui’v du Saint-Vincent, ouvrage cité.

- Clirist, Fine FrühlingsfahH nach dt’ii Cunnrhchen hiseln.