FLORE, FAUNE IlES CANARIES.
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Au-dessus de ees zones inférieures, le sommet du pie de Teyde,perçant les nuages des alizés, s’élève dans les airs du courant de retouret à lui seul constitue une zone spéciale ayant une vingtaine de plantesqu’on ne trouve point hors des Canaries . En gravissant le pic de Teyde parle versant du nord-est, on voit à 1'200mètres les derniers lauriers épars aumilieu de la brousse; on monte ensuite parmi les bruyères, d’abord mêléesaux fougères, puis occupant seules toutes les pentes île la montagne. An-dessus de la bruyère la plus avancée, à 2000 mètres, le sol appartient auxgenêts et autres espèces congénères. La plante qui domine dans celte lianterégion des canadas est un sparte-cytise (spartocytisus nubifjenm ), qui gardeson nom arabe de rtem sous la forme espagnole de rétama : on ne le re-trouve en aucune autre contrée. Au milieu des pierrailles volcaniques noireset jaunâtres les rétamas s’élèvent en bouquets verdoyants, couverts au prin-temps de fleurs papillonacées d’un blanc délicat veiné de rose et répan-dant une vague senteur d’acacia ; ses gousses, semblables à celles du genêt,s’ouvrent, comme elles, en crépitant au moment de la maturité. Au moinsquatre espèces d’animaux, que l’on ne trouve non plus que dans les canadasdu pic, ont leur existence attachée à cette plante canarienne : un très petitescargot rampe à la partie inférieure de ses tiges; un papillon polyomateet une phalène sucent le nectar de ses fleurs; un oiselet, d'ailleurs très rare,la frinyilla teydeana, se pose sur ses branches et se nourrit de ses graines;en outre, une araignée, qui vit aussi en d’autres parties de Elle, aime àtendre ses blets entre les bouquets de rétama'. C’est là qu’en apparences’arrêtent les organismes vivants sur les pentes de la montagne; cependantsur le cône suprême le naturaliste découvre encore une violette d’un bleupâle, blottie entre les pierres et chaudement entourée de feuilles longueset velues’ ; on la croyait spéciale aux Canaries , mais elle se retrouve sur lesmonts élevés de l’Océanie. Depuis Humboldt , dont la courte visite à Tene-rife est pourtant l’une des époques importantes de l’histoire géographique,on a souvent cherché à préciser les étages de végétation sur les flancs dupic de Teyde : on peut augmenter ou réduire le nombre de ces étages, éta-blir à diverses hauteurs les lignes de démarcation, suivant les plantescaractéristiques dont on fait choix; toutefois la meilleure division est cellequi correspond aux conditions du ciel ambiant. La couche humide marqueles trois étages, au-dessous, en dedans et au-dessus des nuages : du niveaude la mer à 700 mètres, de 700 mètres à 1600, et de 1600 au sommet du
1 Renier, Explorations sous-marines.