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cordent à voir dans les Canariens d’autrefois « un des plus nobies rameauxde la l’ace berbère », quoiqu’il se soit aussi trouvé des savants pour lesdire Celtes, Basques ou même Vandales et pour revendiquer à ce titre l’ar-chipel comme une province future de l’empire germanique 1 * . L’étude descrânes et des ossements, entreprise par les anthropologistes modernes, adémontré la diversité des races qui peuplaient l'archipel, mais elle a justifiéles premières hypothèses en faveur de l’origine orientale d’un grand nombredes habitants. A Fuertevenlura, dans l’islela de Canaria et dans la partieméridionale de cette île, dans l’ile de Fer et à l'aima, le type du crâne estessentiellement syro-arabe : l’identité est presque parfaite entre ces Cana-riens, les Arabes d’Algérie et les felluhin d’Fgypte A D’après M. Yerneau,l’archipel se serait divisé en trois groupes ethnographiques : celui de l’est,comprenant les deux îles orientales et la péninsule de la Isleta ; celui du centre,c’est-à-dire Tenerife et Cornera, où l’on ignorait l’art de cuire la poterie et depolir les haches en pierre ; eniin le groupe de l’ouest, llierro et l'aima.
On désigne habituellement tous les Canariens d’autrefois par lenom de (manches, qui paraît n’avoir appartenu, sous les formes de Mn-eheni et de Guanchinet, qu’aux seuls habitants de Tenerife . Comme d’autresnoms de peuples, par centaines, celui-ci aurait signifié « Hommes » :aux yeux des Guanehes leur petite race aurait constitué toute l’huma-nité. D’après le témoignage des contemporains, ces Berbères, blancs oubruns, tous dolichocéphales et aux membres longs, se distinguaient desArabes par un corps plus robuste, une lace moins allongée, un front moinsfuyant, un nez plus large et. plus court, des lèvres plus fortes. Ils avaientles yeux grands et noirs, les sourcils épais, les cheveux lins, lisses ou on-dulés. L’ensemble de leur physionomie était gracieux et ouvert, répondantà leur caractère confiant, joyeux et doux. D’une agilité prodigieuse, et« grands sauteurs, s’élançant de roc à autre, comme chevreuils», ils n’é-taient k pas moins dext.res et puissants à ruer une pierre droit et roide »et leurs bras étaient si nerveux qu’en deux ou trois coups de poing ils met-taient en pièces un bouclier. Ils marchaient nus ou couverts d’un légervêlement d’herbes ou de quelques peaux de chèvre; mais, pour rendre lapeau insensible aux changements de température, ils l’oignaient de suif etdu jus de certaines herbes; en outre, hommes et femmes se peignaient envert, en rouge, en jaune, « sachant par telles couleurs exprimer leurs par-ticulières affections 3 . »
1 Franz von Tôlier. Los Germanos en Canaria .
4 Aenieau, Bulletin de la Société d’Anthropologie de Paris. 1 SS 1
3 Aloys ilo Cadamosl», ôilition Jaen Temporal, 15ÔIÎ.