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Livre XII. L'Afrique Occidentale.
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.NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

autochtone; mais si habiles ouvriers que fussent devenus les indigènes, ilsne fabriquaient leurs chefs-d’œuvre que pour les nobles : dans une memegrotte on trouve à côté les uns des autres des vêtements fins, des ustensilesparfaitement travaillés, ornés de dessins et d’hiéroglyphes, et des étoffesgrossières, des poteries en terre brute. Ainsi se révide l’ancienne constitu-tion aristocratique delà société canarienne*. Les insulaires ne connaissaientpoint le travail des métaux : quoi qu’en dise Azurara, on n’a trouvé chez euxni instruments en fer, ni bijoux en or et en argent. La solide constructiondes caveaux funéraires de Tenerife , l’habile ordonnance des pierres dansles édifices de Fuerteventura, de Lanzarote et de Grau Canaria, la disposi-tion confortable des chambres dans les demeures, les peintures à l’ocretémoignent du haut degré de civilisation auquel étaient arrivés les Cana-riens de l’époque antérieure à l’histoire. Les aumôniers de Béthcneourtrapportent qu’ils virent à Fuerteventura « les plus forts chasteaulx quel’on puisse trouver nulle part ». Les idoles, les figures et les ornementsdessinés sur les vases offrent une grande ressemblance avec les typesque présentent les monuments égyptiens.

Ce n’est pas tout : on a découvert des inscriptions dans la grotte deBelmaco, à l’extrémité de l’archipel, dans l’îlc de Palma ’, sur une paroide la côte orientale de Ilierro 1 * 3 , ainsi que dans l’île de Cran Canaria 4 , etjes lettres ont une forme qui les rapproche de l’alphabet libyque. Ellesfournissent au moins la preuve que des relations existaient entre les peuplesberbères du continent et les insulaires, quoique ceux-ci, à l’arrivée de Bé-thencourt, ne possédassent plus de bateaux ; à cet égard il y avait eu régres-sion d’industrie. Elles donnent aussi une grande probabilité à l’hypothèsed’une origine berbère arabisée pour la population de l’archipel, d’autantplus que les mots des divers dialectes, recueillis au nombre d’un millierpar Webb et Berthelot, et les noms propres, que les historiens ont conser-vés, sont évidemment berbères et présentent quelques analogies avecl’arabe. L’ancien nom de l'aima, Benehoare, n’est-il pas identique à celuide la puissante tribu des Beni-IIaouara? Et les Bimbachos de Ilierro nefont-ils pas songer aux Ben-Bacbir 5 ? Tenerife n’offre-t-elle pas beaucoupde noms propres qui commencent par l’article al et par le substantif boncomme en pays de langue sémitique? La plupart des ethnographes s’ac-

1 Cliil v Xaranjo, Estudios de las h!as Canarias.

- Von Fritsch , ouvrage cité.

5 Berthelot, Faidherbe, Bulletin de la Soeiété de Géographie de Paris , lève. 1875; nov. 1870.

4 Cliil y Nr.ranjo. ouvrage cité.

s R'Avezac; — Webb et Berthelot, ouvrage cité.