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Livre XII. L'Afrique Occidentale.
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POPULATION I)KS CANARIES.

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quoiqu’ils apportent une grande passion à leurs combats de coqs, ne selaissant jamais entraîner par un faux point d’honneur, mais très braves àl’occasion, aimant les fleurs, les parfums et léchant, les Canariens de nosjours ont un caractère à eux qui les distingue nettement des Espagnols .C’est dans Palma, Cornera, Ilierro et les parties méridionales de Canarie et de Tenerife que l’on reconnaît mieux le type original. A Gîiimar, àChasna, on retrouve encore chez les villageois la plupart des usages décritspar Espinosa, un siècle après la conquête. Quelques mots de la langue sonttoujours employés, pour désigner les plantes, les insectes, les outils; desnoms de famille sont restés guanches. Les indigènes possèdent des outilset des vases pareils à ceux de leurs ancêtres. Ils fabriquent le beurre dela même manière, en emplissant de lait une outre que l’on se renvoie del’un à l’autre. Ils pèchent toujours en empoisonnant du suc de l’euphorbeles flaques d'eau laissées dans les roches par le reflux. Leurs danses, leurscris de joie sont les mêmes que chez les anciens Guanches , et comme euxils jettent du grain au visage des nouveaux mariés pour leur porterbonheur. Le plat national, le (jofio, pâte faite avec la farine de diversgrains éclatés au feu, est encore celui que l’on retrouve dans les tombeauxdes Guanches . La racine de fougère, réduite en farine, remplaçait, et denos jours remplace encore le golio pendant les périodes de disette 1 .

Les éléments européens se sont diversement mélangés dans les îles.Les Normands et les Gascons venus avec Iléthencourt et Gadiffer étaienttrop peu nombreux pour qu’ils ne se perdissent pas bientôt dans le flotmontant de la population espagnole, où le sang andalou parait prédomi-ner; seulement on s’étonne du nombre prodigieux des familles qui dansles Canaries, aux Açores, en Portugal, au Brésil et dans toutes les posses-sions portugaises ou espagnoles, portent, diversement écrit, le nom deBéthencourt : si toutes descendent en effet du conquérant ou de son cousinet successeur Maciot de Béthencourt, elles ont par les femmes une origineberbère et témoignent ainsi de la persistance du sang indigène malgré ladisparition apparente de la race. Des Maures furent importés à Gran Cana-ria après l’extermination de la conquête. Dans Tenerife , des immigrantsirlandais, venus à la suite d’une persécution religieuse, ont fait souchede familles nombreuses et l’on croit encore reconnaître des figures irlan-daises parmi les habitants d’Orotava. Quant à l’île de Palma , où les mas-sacres avaient fait beaucoup de vides pendant la dernière moitié du quin-zième siècle, on repeupla une partie des villages par des familles indus-

1 Webli et Berthelet, ouvrage cité.