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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
ti'ieuses amendes de Flandre . Les nouveaux venus ne tardèrent pas à sefondre avec les Espagnols et traduisirent même leur nom en castillan :ainsi les Croenberghe devinrent les Monteverde 1 * . Malgré la diversité desorigines, les Canariens, qui ont gardé le courage tranquille des aïeuxberbères, sont devenus de fervents patriotes espagnols. Toutes les attaquesfaites contre leurs villes fortifiées furent repoussées avec succès. Les hu-guenots français, les Harbaresques, les pirates anglais , même une Hottehollandaise composée de 70 vaisseaux, s’essayèrent vainement, soit contreCran Canaria, soit contre Tenerife ; Nelson tenta de réduire Santa-Cruz en1797 ; il y perdit un navire et l’un de ses bras 5 .
Les Canariens n’ont d’autres industries que la culture du sol et la pèche.Jadis les îles envoyaient à l'Europe « le meilleur sucre connu »: puisla production du vin eut une grande importance dans l'archipel 3 4 ; maisl’oïdium ruina les vignobles des Canaries même avant ceux de Madère. Lesplanteurs durent alors chercher un autre produit d’exportation et s’occupè-rent surtout de la culture du nopal à cochenille. Dès l’année 1825, le pré-cieux insecte avait été introduit dans les Canaries ; cependant la récolte an-nuelle n’eut point d’importance avant 1852, époque à laquelle on commençad’employer le guano pour activer la croissance du cactus. Encore en 1860le monopole commercial de la cochenille appartenait à la république deHonduras; mais peu d’années après la production des Canaries en coche-nille dépassait déjà de beaucoup celle du monde entier 1 : c’est pour les plan-tations de nopal que tant de bois ont été coupés à Canaria et à Tenerife .Toutefois cette denrée, jadis de valeur capitale pour la teinture, a étépresque entièrement remplacée par l’aniline et l’alizarine, quoiqu’elle repré-sente toujours la part lapins considérable du commerce de l’archipel 5 , etde nouveau les planteurs canariens ont. dû se mettre en quête d’une indus-trie agricole de grand rapport. En 1862, on fil dans les îles divers essais deplantation de tabac qui réussirent au delà de toute espérance, surtout
1 Pégol-Ogier, Description des îles Canaries; — Goldet d’Alviolla, Palria Beh/ica, III.
s Andrès Relmelta, Bol et in de la Sueiedad Geotjra/ica de Madrid , sel. 1 885.
'• Production moyenne des vins, de 1814 à 1824, d'après Webb et Rertlielot :
101 076 hectolitres, dont 111 440 pour la seule île de Tenerife .
4 Production de la cochenille en 1870 :
Mexico. 112 000 kilogrammes.
a (en 1871). 2 212 000
s Commerce des Canaries de 1880 il 1884 : 03 670 000 francs, dont 32 000 000 francs pour l'ex-portation de la cochenille, soit plus de 6 millions annuellement.