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Livre XII. L'Afrique Occidentale.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

Pendant cette série de fonnidaldes éruptions trente cônes volcaniques sedressèrent au-dessus de la mer des laves' ; près d’un tiers de l’île lut re-couvert par le courant de roches liquéfiées. La crête de la montagne deFeu resplendit au loin de couleurs diverses, rouge, blanc, jaune, que luidonnent les émanations d’acides. Lorsqu’il pleut, le sommet de la mon-tagne s’environne de fumée : en tombant, l’eau se vaporise aussitôt.Depuis un siècle et demi, la haute température s’est maintenue dans cettecheminée du volcan : de petits morceaux de bois jetés dans les crevassess’enllammenl immédiatement. En bas, sur les courants de laves refroidiset couverts de lichens jaunâtres, se voient les restes de bassins où lamatière fondue bouillonnait comme dans une chaudière : des bullesde gaz ont soulevé la surface, formant çà et là des évents circulaires ouhoniitos, dans lesquels les bergers cherchent quelquefois un abri contre latempête. Au milieu des courants de lave entremêlés se dressent les vol-cans d’où s’élancèrent en 1824 des jets de llamme, et qui s’ouvrirent en-suite pour livrer [tassage à des coulées de vase empestée. Dans les scorieset les boues on retrouve parfois des briques, débris des villages détruits.

San Miguel de Teguise, ou simplement Teguise, qui fut la capitale deFile, porte encore le nom que lui donna, en l’honneur de sa femme indi-gène, le fondateur Maciot de Béthencourl, successeur du « roi des Cana-ries ». Située vers le centre de l’ile, dans une région sans eau, elle a perdude son importance : le mouvement commercial s’est porté vers la capitalenouvelle, Arrecife , bâtie au milieu de la côte orientale, entre deux [tortsparfaitement abrités. Celui du nord surtout, le Puerto de Naos, seraitexcellent s’il était assez profond; une chaîne d’ilols et de récifs, surlesquels viennent se briser les vagues, défend ce mouillage contre tous lesvents dangereux. Des Anglais sont les intermédiaires de son commerce avecMogador et avec les autres îles; pendant la mauvaise saison, le [tort reçoitles barques de tout le littoral : si les pêcheries de la côte africaine prennentl’importance qu’on leur prédit, le havre de Naos ne pourra manquer d’enprofiter et File de Lanzarote elle-même gagnera en population et en richesse 2 .Actuellement elle n’a que la moitié des habitants qui lui reviendraient enproportion des autres îles, et si ce n’est dans la vallée bien arrosée dellaria, que dominent les hauts sommets du nord et où les négociants d’Ar-recife ont élevé leurs maisons de plaisance et planté leurs jardins, elle ne

1 Léopold von lluch, Pliijsikalisclte Beschreibuny (1er Cwiarischen Inselit; — Georg Ilartung,Neue Deulschriften (1er Allycmeinen Schweizerischen Gesellschafl, 1857.

a Pèche sur la côte saharienne en 1880 : 20 bateaux; 18 de Grau Canaria, 11 de Lanzarote .

Quantités de morues capturées annuellement, eu moyenne : 500 000, d'un poids de 0500 tonnes.