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Livre XII. L'Afrique Occidentale.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

hypothèse s’accorderait avec l’existence d’une ancienne Atlantide, quiaurait infléchi vers le sud les eaux du Gulf-slream.

Quoi qu’il en soit, Grau Canaria présente comme un résumé des autresîles par la variété de ses phénomènes géologiques et la beauté de sespaysages ; elle a des « chaudières » comme l’aima, des barranques sau-vages et des cascades comme Gomera , des courants de laves et des dunescomme Lanzarotc, des lbrèts de pins comme llierro et Tenerife , et de pluselle a ses cultures bien entendues, ses aqueducs soigneusement entrete-nus, un commencement d’industrie et une part de commerce relativementconsidérable. Gran Canaria est plus peuplée en proportion que le reste del'archipel, quoique près d’une moitié de la surlace montagneuse ne puisseêtre soumise au travail de la bêche.

Le pic central, dit Pozo de la Nieve ou « Puits de la Neige », haut deprès de 2000 mètres, s’élève presque au milieu géométrique de l’île : onlui donne probablement ce nom à cause des glacières qu’on a ménagéesdans les anfractuosités de la cime. Mais ce pic n’est qu’un faible cône posésur le piédestal en forme de dôme qui occupait jadis tout le centre de Pile et dont il reste encore de grands débris. Sur cette haute voussure oucumbre se dressent quelques autres pitons, les « Rocs » de Saucillo, de laCumbre, de Bentaïga, celui del Nublo, bloc monolithe de 112 mètres. Leseaux qui naissent sur les hauteurs ont profondément entamé la roche : desruisseaux, dont la plupart coulent en toute saison jusqu’à la mer, ontcreusé, scié la montagne à des centaines de mètres au-dessous du niveauprimitif, formant d’énormes fossés, des gorges presque inaccessibles. Surdeux versants, au sud-ouest et à l’ouest, les hauts torrents d’un mêmebassin fluvial, travaillant deconcert à leur œuvre d’érosion, ont fini par éviderla montagne en cirques immenses; des peuples pourraient s’y assembler.

Le gouffre du sud-est, Tirajana , où des nègres « marrons » s’étaientconstitués jadis en petite république, commence immédiatement au pieddu cône principal de l’île, le Pozo de la Nieve , et se creuse à plus de1200 mètres avant d’unir ses eaux pour les écouler vers la mer parl’étroite fissure de los Gallegos. La paroi orientale de l’abîme n’a point debrèches et l’on doit en descendre par de vertigineux sentiers serpentantsur les flancs pierreux de la montagne ; la muraille de l’ouest, eu partieécroulée, offre deux larges ouvertures vers le sud et le sud-ouest de GranCanaria. Le cirque oriental, dit la «Chaudière » de Tejeda, est d’une formeovale beaucoup plus régulière que celui de Tirajana , et le mur de l’am-phithéàtre ne s’est écroulé sur aucun point du pourtour de 55 kilomètres.Des bords du précipice, on voit l’ensemble de l’immense ellipse avec sa