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contraste avec les sombres murs de lave. Grâce à ces riches oasis de verdure,et quoique ses principales productions, les vins et la cochenille, ne luidonnent maintenant que de faibles revenus, Tenerife peut nourrir unepopulation relativement considérable, plus d’un tiers des habitants de l’ar-chipel.
Les montagnes de la péninsule, qui commencent au nord-est de File, prèsdu cap ou « fronton » d’Anaga, éclairé maintenant par un phare de premierordre, ne constituent point déchaîné régulière; les pointes rocheuses, dontl’une atteint 10:27 mètres, se succèdent de l’est à l’ouest jusqu’au plateaude Laguna, que traverse, à 560 mètres d’altitude, la route maîtresse de l'îleentre Santa Cruz et Orotava . Les monts d’Anaga sont les plus boisés de l’île,principalement sur le versant du nord, et de gracieux vallons, entourésd’escarpements abrupts, noirs ou d’un bleu de fer, rouges ou jaunes, s’in-clinent des hauteurs vers les criques du littoral ; une brusque coupureinterrompt les montagnes au nord-est de la terrasse de Laguna. Au sud-ouest, l’arète médiane de l’île se redresse et forme une véritable chaîne,que dominent les rocs de Güimar . Une brèche profonde interrompt lacrête, puis celle-ci recommence par un volcan qui s’éleva en 1705, épan-chant à l’est une coulée de lave jusque dans le voisinage de la mer.
Cette montagne est la première du mur d’enceinte qui se développe endemi-cercle à l’est et au sud du pic de Teyde, offrant, mais en proportionsbien autrement considérables, le même aspect que le mur de la Sommaautour du Vésuve ; c’est la plus grande formation de ce genre connue à lasurface de la Terre . Cette crête en hémicycle, longue de 55 kilomètres, aplus de 2000 mètres d’altitude, et plusieurs de ses pointes, Azulejos, Gua-jarra, dépassent la hauteur de 2700 mètres. Le versant concave de lachaîne tournée vers le pic de Teyde domine un plateau de laves et de sco-ries, situé à 500 mètres plus bas en moyenne, tandis que du côté exté-rieur toutes les étroites et profondes découpures de la crête qui lui ontvalu le nom de Circo de las Canadas se creusent en profondes barranquesdescendant à la mer en lignes divergentes. Une de ces gorges, la « bar-ranque d’Enfer », est comme une coupure taillée dans l’épaisseur de lamontagne : des dragonniers pressés tracent une ligne d’un vert pâledans la sombre fissure, profonde de 500 mètres. L’extrémité occidentaledu mur de las Canadas se perd dans un mal pais ou chaos de laves parseméde volcans où les Guanches faisaient dessécher les cadavres. Là se dresse,dans le voisinage du grand piton, la Chahorra (2475 mètres) ; plus loin,vers l’ouest, les cônes sont si nombreux, que les avenues intermédiaires delaves et de cendres forment un vaste labyrinthe. Le rebord extérieur du