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Livre XII. L'Afrique Occidentale.
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PIC DE TEYDE.

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massif, au-dessus des monts de Teno, se termine par la Montana Bermejaou « Montagne Rouge », d’où sortit en 1706 un courant de lave. Ainsides coulées modernes marquent les deux extrémités de l’enceinte quihorde circulairement le piédestal du piton, l’Etclievde des Guanches, ap-pelé maintenant pic de Teyde. Un des épaulements orientaux de la cimeesL le pic d’Alta Yista (3261 mètres), où Riazzi Smyth établit en 1856 sonobservatoire, bien au-dessus des nuages qui lui cachaient la terre etla mer, mais en plein ciel, à la vue des étoiles dardant avec une merveil-leuse netteté leur rayon d’or sur le fond noir de la nuit.

Longtemps on crut que le Teyde était le plus élevé de la Terre : LeMaire le répétait encore en 1695; Aicols lui assignait « quinze grandeslieues en hauteur ». Depuis qu’Ëden, suivi de nombreux imitateurs, esca-lada le pic en 1715, on sait que sa pointe n’atteint pas même une lieue au-dessus de la mer, mais elle n’esl pas moins Tune des cimes superbes vuesde l’Océan. Parmi les volcans, cette montagne est unique par sa hauteuret son isolement au milieu du cratère primitif : le rebord de l’anciennebouche d’éruption n’est plus maintenant, en proportion du cône géant,qu’un ourlet à faible relief limitant le pourtour de sa base. Le pic de Teydeest « un mont dressé sur un mont ». 11 domine de 1700 mètres le cirquede débris qui l’entoure, et du haut de ce piton toutes les autres cimesde Tenerife apparaissent déprimées, simples traits dessinés sur la cartemulticolore de I’île, que le bleu de la mer limite de toutes parts. On com-prend le culte que lui avaient consacré les Guanches : ils juraient par l’Et-cheyde, et nul serment n’était plus redoutable : celui qui manquait à saparole était voué aux dieux infernaux, à Guayota, le génie du mal quirésidait au fond du cratère. Quand le . voyageur gravit les pentes duversant tourné vers le cirque verdoyant. d’Orotava , le volcan lui paraît deplus en plus haut à mesure qu’il surmonte un des gradins de la base;quand il a dépassé la zone des châtaigniers, puis celle des pins et des lau-riers, et que, dans la légion des cytises, il atteint enfin le sommet du pla-teau, c’est alors qu’il voit se dresser dans toute sa majesté le cône suprême,de 500 mètres plus haut que le Vésuve . Des stries de pierres ponces, descoulées de scories rouges, des bandes de laves noires, qui, vues d’en bas,ressemblaient à des forêts, indiquent les diverses éruptions; les âges suc-cèdent aux âges sur l’immense amas de débris. Au sud, le vaste cratère duRico Yiejo (5156 mètres) est encore empli de scories figées : on dirait uneimmense chaudière qui va déborder. Quoique les grandes éruptions du picde Teyde soient fort rares, — une par siècle, — cependant un rested’activité s’est maintenu constamment. Le « cratéricule» de la cime a ses