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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
Orotava , l’ancienne Aratapala, capitale du Taoro ou Tagoror, c’est-à-dire de l’Amphictyonie des royaumes de l’île 1 , est située au milieudu cirque verdoyant, à cinq kilomètres de la mer, sur un terrain montueuxoù s’étagent les maisons, les massifs d’arbres, les parterres fleuris. En basde la ville, sur la route du port, un jardin botanique, « donné à la nation »à la lin du siècle dernier, et depuis illustré par les études de savants natu-ralistes, développe ses allées sous les arbres touffus; toute la flore de l’ilcet deux mille espèces exotiques y sont représentées. Orotava est en étéle lieu de résidence favori des riches Canariens à qui appartiennent lesbelles campagnes du versant septentrional de l’ile et qui descendent enhiver, soit au Puerto, soit à Santa-Cruz. Lors de la grande prospérité desvignobles qui produisaient les fameux crus de Malvoisie et de Canaria, le« Puerto » de Orotava , ville mal nommée, car elle ne possède qu’une radeouverte, était l’intermédiaire d’un commerce très actif. La côte du nord deTenerifc offrait un bon port, celui de Garachic-o, ouvert à l’ouest d’Oro-tova. En 1045 une avalanche d’eau, provenant des pluies abondantes,détruisit la ville; elle se rebâtit, mais en 1706 une éruption des laves dela montana Bermeja, coulée de scories noires et bleues qui a la formed’un glacier, se déversa dans cette partie de la mer : il ne reste plus du« Puerto Rico » qu’une crique trop étroite pour les navires. Près de là,Icod de los Yinos, autre ville déchue, reçoit quelques balancelles dansune brèche de ses falaises. Une caverne voisine, non encore explorée dansses profondeurs, pénètre fort avant dans la montagne; les indigèness’imaginent qu’elle communique avec le cratère terminal du pic par unegalerie de 14 kilomètres. Dans les coulées de nombreux vides ont été pro-duits par les troncs d’arbres que la lave a charriés et qui s’y sont lentementréduits en cendres 2 .
A l’est de la chaîne des Canadas, sur le versant oriental de l’île, la villede Giiimar occupe une situation analogue à celle d’Orotava , dans un cirqueverdoyant qu’entourent de hauts escarpements et des coulées de lave etd’où l’on descend à la mer par d’âpres sentiers; c’est près delà que se trou-vent les plus vastes grottes sépulcrales des anciens habitants, las Citeras delos Ileyes ou les « Antres des Rois ». Presque tous les villages de l’île s’élè-vent surdes terrasses, à la hauteur de plusieurs centaines de mètres au-dessusdelà mer. Le plus haut de tous, Chasna, appelé aussi Mlaflor, est à 1500mètres d’altitude, entre deux formidables barranques, sur le versant méri-
1 AYebb et Dci'thelot, ouvrage cité.4 Von Fritscb. ouvrage cité.