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dional de In chaîne des Canadas. Dans cette région de File, éloignée desdeux villes, Santa-Cruz et Orotava , et rendue très difficile d’accès par lestalus pierreux et les déchirures du sol, les paysans, Espagnols croisés deGuanches , mènent une vie presque indépendante et les propriétaires nomi-naux n’osent guère s’aventurer parmi eux.
Cornera, qui a gardé son nom berbère, est séparée de Tenerife par undétroit de 28 kilomètres. Ressemblant à une miniature de Cran Canaria,elle ne forme également qu’un seul cône volcanique ayant son piton aucentre de figure et développant sa base échancrée de criques en un cerclepresque régulier. De même que Gran Canaria , elle se compose d’un dômed’anciennes laves, dont les cratères sont oblitérés pour la plupart et danslequel les eaux ont creusé des barranques profondes et des cirques d’où lesruisseaux s’échappent par d’étroits et rapides défilés. Comme la grandeîle, Cornera est surtout érodée par les vagues du côté de l’ouest, et tandisque ses falaises tournées vers Tenerife ont en moyenne cent mètres de hau-teur, celles du littoral qui regarde Ilierro atteignent six cents mètres. Co-rnera garde en proportion de son étendue de plus vastes forêts que Cana-ria ; elle est aussi plus abondamment arrosée. Elle pourrait nourrir unepopulation pins dense; mais, au contraire, elle a moins d’habitants parkilomètre carré : dans aucune des Canaries le régime féodal de la pro-priété ne s’est maintenu d’une manière plus oppressive.
Le piton le plus élevé de Cornera, dit Alto de Garajonaï, dresse sesquatre pointes sur le rebord méridional du plateau central : au sud,les pentes rapides descendent de ressaut en ressaut jusqu’à la mer,tandis que de tous les autres côtés le dôme boisé n’offre qu’une faibleinclinaison. La voussure s’abaisse insensiblement vers le nord-est et versl’ouest ; de ce côté elle se termine par une énorme dalle qui semble tailléede main d’homme et que les indigènes désignent du nom deFortaleza, àcause de son apparence : le marin Vidal, dressant la carte de l’île tellequ’elle se montre de la mer, crut en effet que cette montagne était cou-ronnée de fortifications. Une autre saillie du plateau, au nord du Garajonaï,est un cratère d’une régularité parfaite, dont le fond uni, situé au milieude l’île, sert de champ de manœuvre aux milices convoquées de tous les vil-lages de Cornera. Les autres pics ne sont que les saillies des arêtes quientourent les cirques d’érosion et bordent les falaises. Une de ces parois,au pied de laquelle se heurtent les flots, à 600 mètres plus bas, est ap-pelée Risco de America par les insulaires : au large il leur semble voir le