FLORE, FAINE DES CAROYERDIENNES.
lio
domestique ou bêtes malfaisantes, comme les lapins et les rats, ont étéimportés par l’Européen. La pintade, dont les indigènes ne mangentpoint la chair, est extrêmement commune, et les mouettes tourbillonnenten nuées au-dessus des plages et des écueils : quelques îlots sont couvertsd’épaisses couches de guano, réserve pour les agriculteurs des îles voi-sines. Mollaston aftirme que des serpents vivent dans les îles, mais lesindigènes le nient et Doelter en a vainement cherché : le monde des rep-tiles n’est représenté que par des lézards et des geckos; l’ilot Blanc (ilheoBranco), situé dans la rangée nord-occidentale des îles, entre Santa-Luzia et Sào-A'icolau, se distingue de toutes les autres terres de l’archipelpar une faune particulière. Un y trouve de grands lézards (macroscincuscoctei), inconnus ailleurs, qui vivent d’herbes au lieu de manger desinsectes comme leurs congénères d’autres contrées. Des pufiins, oiseauxdécouverts dans l’ilheo Branco par les membres de l’expédition du Talis-man, constituent aussi une espèce nouvelle 1 . L’ilot, encore imparfaitementexploré, renferme-t-il d’autres formes animales qui lui appartiennent enpropre? Quoi qu’il en soit, c’est un des faits d’histoire naturelle les pluscurieux que l’existence de deux espèces originales dans le microcosme del’ilot Blanc. Celte roche volcanique perdue dans l’Océan aurait-elle eu surles terres plus vastes de l’archipel le privilège d’être un centre de formationvitale, ou bien serait-elle, au milieu des terres nouvelles, le débris d’unancien continent?
Les mers de l’archipel sont extrêmement poissonneuses et. parfois unseul coup de filet, jeté dans un banc tout grouillant de vie, suffit pourramener des milliers d’individus; dans les profondeurs, la multitude desorganismes est. à peine moins considérable : d’un fond de 600 mètres lanasse du Talisman rapporta un millier de poissons et près de deux mille cre-vettes d’espèces différentes. Les poissons des îles eabovcrdicnnes suffiraientamplement à l’alimentation des indigènes et à l’entretien d’un grandcommerce d’exportation; mais les pêcheurs ont à prendre bien garde derejeter dans la mer tous les poissons vénéneux qu’ils en retirent; il enexiste, un grand nombre et de fort redoutables dans ces mers tropicales 2 .Los îles du Cap-Vert contrastent singulièrement avec celles des Açores parl’étonnante richesse de leur faune côtière, crustacés, gastéropodes et coquil-lages. Le corail, que l’on croyait naguère n’exister que dans la Méditerranéeet que l’on a découvert depuis en diverses parties de l’Océan, croît sur les
1 Perrier, Les explorations sous-marines ; — Parlait, Bulletin de la Société de Géographie deRoelieforl, 1885, n° 2.
a Edouard Rocket, Journal officiel de la République française , 17 septembre 1878.
XII.
19