NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
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monde 1 ; le tabac de Logo est très apprécié et la canne à sucre donned’excellents produits. Mais la grande culture industrielle dans les îles duCap-Vert , et notamment à Sào-Thiago, est celle d’une euphorbiacée, jatro-pha curcas, communément désignée sous le nom de jiun/ucira, purguèreou « médicinier », à cause de ses _ j ' îs drastiques. L’usage en a étéabandonné par la pharmacopée européenne comme présentant trop de dan-gers d’empoisonnement : on n’emploie maintenant les graines et l’huilede purguère que dans l’industrie. Pour se procurer des bougies économi-ques, les indigènes passent une paille à travers une rangée île ces graines.Les îles du Cap-Vert ont presque le monopole commercial des semences depurguère et celles-ci représentent annuellement près de la moitié de leurexportation*. La plante pousse dans les terres les plus arides, avantage con-sidérable pour une contrée où le manque d’eau pluviale compromet sou-vent les autres récoltes 3 ; on devrait donc en recouvrir tous les espacesincultes, et pourtant l’ensemble des plantations de purguère ne dépassait pas54 hectares en 1880. On comprend que les progrès de l’agriculture soientlents dans un pays où récemment encore le labourage était proscritpar la plupart des propriétaires comme nuisible à la fécondité du sol.
L’industrie proprement dite est peu développée dans les Caboverdiennes ;à peine s’occupe-t-on, notamment à Sào-Nicolau, de la fabrication et dela teinture d’étoffes pour les populations nègres du continent; Brava tissedes couvertures en laine très recherchées et brode des dentelles. Mais lesinsulaires ont le génie commercial ; chaque village a ses boutiques, et d’uneîle à l’autre les échanges sont continuels. Les îles agricoles envoient leursdenrées aux autres terres de l’archipel ; Bôa-Vista, Sal, Maio, expédient leurssels, leurs moellons, leurs peaux de chèvres, Santo-Antâo fournit de bois etd’eau sa voisine Sào-Vieenle. Quant au commerce international, il estpresque en entier concentré dans le Porto-Grande de Saint-Vincent. C’estpar ce point que l’archipel se rattache au mouvement commercial et in-tellectuel du monde entier : c’est par là ([ne la culture européenne pénètreparmi les noirs insulaires.
1 Exportation du café en 1879 : 112 975 kilogrammes.
- Exportation des îles dans l'année économique 1879-1880 : Valeur 1 650 000 francs.
» des graines de Jatropha curcas. » 800 000 »
Quantité de graines de Jatropha exportées dans l'année 1878-1879. i 655 tonnes.
5 llenriqu ’ d'Arpoare, Boletim da Sociedade de Geotjrttphia de Lhtboa, 1882.