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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
Reio que lui donnent les Foula et les Toucouleursa la même signification
De même que les bassins du Mississippi, du Danube et de tant d’autrescours d’eau, celui du Sénégal a sa rivière d’origine montagneuse qui, parla direction du courant et la formation géologique du bassin, doit êtreconsidérée comme un simple affluent, mais qui serait le fleuve principalpar la masse liquide qu’elle apporte au lit commun. Le Baiing, l’affluentdescendu des montagnes, naît, à plus de 750 mètres d’altitude, dans lapartie méridionale du massif de Fouta-Djallon , au sud des sources de laFalémé, de la Gambie , du Rio-Grande. Il commence par couler au sud,,puis il décrit une grande courbe à l’est, au nord-est et au nord, de ma-nière à former une demi-ellipse avec le cours inférieur du Sénégal . LeBaiing avant une très forte chute, de plus de G00 mètres, entre sa sourceet son confluent avec le Bakhoy, et, d’autre part, n’étant alimenté parles eaux de pluie que pendant trois mois de l’année, on pourrait s’attendreà ce que l’évaporation le tarît complètement pendant la saison des séche-resses; mais les barrages naturels de son lit l’ont divisé en une série debiefs où l’eau reste, presque sans écoulement entre chaque période de crue.Pendant l’hivernage le courant franchit en rapides les bancs successifs derochers, puis, durant les mois sans pluie, les saillies des barrages affleurentde nouveau, et la rivière n’est plus qu’une suite de réservoirs étagés, unisles uns aux autres par des blets qui glissent sur les rochers des seuils,et protégés contre l’évaporation par des arbres touffus qui forment voûteau-dessus de leurs eaux 5 .
Au confluent des deux courants, Bakhoy et Baiing, le Sénégal se trouveencore à 145 mètres au-dessus de la mer. Son lit, encaissé entre desberges s’élevant à 50 et 56 mètres de hauteur, n’est pas encore creuséà sa profondeur normale ; les rapides, les cascades se succèdent. Une deces chutes, celle de Gouina, est une nappe plongeante, haute de 16 à17 mètres suivant les saisons, sur une largeur moyenne de 500; la der-nière chute, celle de Félou, est aussi haute, mais les eaux y sont fortresserrées. Le fleuve, qui s’est étalé comme un lac en amont de la barrièrede roches, n’a pu s’ouvrir dans ce barrage que d’étroites issues ; au mi-lieu de la cataracte se dressent deux pointes rocheuses en forme d’obé-lisques, noirs géants impassibles au milieu du tourbillon des eaux. Aubas de la cataracte, le fleuve, parsemé de roches qui portent çà et là quel-ques arbres, est à 67 mètres au-dessus du niveau de la mer, encore dis-
* H. llecquaril, Voyage sur la côte et dans l'intérieur de l'Afrique occidentale.
- Gallieni, mémoire cité.