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Livre XII. L'Afrique Occidentale.
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la saison sèche jusque dans le voisinage de Dagana. Quand il assaille unbœuf, il se repaît des entrailles, puis s’en va à l’approehe des bergers, quise partagent les quartiers laissés par le fauve. On raconte que le lion esttué à coups de bâton lorsqu’il pénètre dans un pare; les gens l'entou-rent et le frappent sur les naseaux au moment où il cherche une issue,puis l’accablent sous les coups'. On dit aussi, sur les bords du Sénégal comme en Maurétanie, que le lion n’attaque jamais la femme et lui cèdele passage quand il la rencontre 3 . Les indigènes parlent avec terreur d’unlion noir du Djolof qui attaquerait l’homme. Aucun chasseur européenn’a vu encore cet animal, mais on rencontre fréquemment d’autres car-nassiers, panthères et guépards, chats-tigres et chats sauvages, lynx, hyèneset chacals. Les Ouolof ne poursuivent guère que le petit gibier, une espècede rongeur qui ressemble au lièvre, et le rat palmiste, qui rappelle l’écu-reuil. Leur chien domestique est une bête méprisée dont ils ne se serventpas pour la chasse. Quant aux chiens importés, ils ne s’acclimatent pas :ils perdent l'odorat, s’affaiblissent et meurent d’anémie.

Le monde des oiseaux est très riche dans le voisinage des lbrèts et desmarécages : dans le Soudan français on voit des joyaux vivants qui res-semblent aux colibris du Nouveau Monde, les soui-manga, traits étincelantsd’or et d’acier qui brûlent un instant entre les feuilles vertes 3 . Les passe-reaux, que les cultivateurs désignent sous le nom général de « mange-mil », offrent une grande variété d’espèces au Sénégal , et plusieurs, le séné-gali, le cardinal, la veuve, sont importés dans les volières d’Europe pour leurbeauté. La perruche du Sénégal est aussi fort redoutée des planteurs demil, fort recherchée à Saint-Louis par les marchands d’oiseaux. L’échas-sier marabout est poursuivi par les chasseurs pour l’élégance de ses plumeset la finesse de son duvet; de même que la cigogne noire ou dobine, ils’attaque aux reptiles de toute espèce, aux lézards varans ou « gueules-tapées », aux serpents venimeux, à la couleuvre verte, même aux petitsboas. I n autre échassier, dit le griot, sans doute parce qu’on lui attribuequelques pouvoirs magiques comme aux chanteurs obscènes des tribus, estrespecté par tous les noirs : la coutume défend de le tuer. Parmi les pois-sons qui peuplent le fleuve 1 * et les marigots se trouve le poisson électrique;lieux espèces de crocodiles. « celui qui mange l’homme et celui qui en estmangé, » habitent les eaux du Sénégal ; enfin, la race des lamentins paraîtexister encore dans les eaux du bas delta sénégalais .

1 Itiiai'il, ouvrage iité.

- Anne Kaffenel. Yoyaqe dans l'Afrique occidentale .

3 Gailieni, Yoi/aye au Soudan français .

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