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Livre XII. L'Afrique Occidentale.
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FOULA.

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embrassé le mahométisme et même de nombreuses peuplades sont animéesd’une vive ardeur de propagande; le commerce de l’eau-de-vie, malheu-reusement si prospère dans les contrées du littoral habitées par les païens,se réduit à fort peu de chose dans le pays des Foula. T.a prière occupe unelarge part dans leur vie, mais leur zèle religieux ne les a pas rendus into-lérants : bergers pour la plupart, ils ont une piété douce et contemplative.Lorsque MM. Bayol et A’oirot pénétrèrent dans le Fouta-Djallon , les indi-gènes invoquèrent Allah pour les étrangers, et, ceux-ci étant tombés ma-lades, l’almamy donna l’ordre qu'on fît des prières publiques à leur inten-tion ; on planta devant la porte de la mosquée deux orangers qui reçurentle nom des visiteurs français et qui marquent l’époque de leur voyage. Lessavants foula n’ont rien du scrupule formaliste des Orientaux; ils se per-mettent même de corriger le Coran ; quand un passage leur paraît incom-préhensible ou contraire à leur mode de penser, ils le modifient pour lemettre d’accord avec leurs opinions religieuses’. Comme les autres musul-mans, les Foula admettent la polygamie, mais ils ne la pratiquent guère,ce qui lient principalement au respect que l'on a pour la femme et àl’ascendant qu’elle prend sur son mari : il est rare qu’elle permettel’entrée d’une deuxième épouse dans la maison. La femme foula sait con-quérir sa place. « Qu’elle entre esclave dans une case, disent les Onolof,elle en sera bientôt maîtresse. »

Les gouvernements ne sont pas des^ ’ ^ es chez les Foula comme chez laplupart des nègres leurs voisins. Presque chaque Etat constitue, depuis lemilieu du siècle dernier, une espèce de république théocratique, dont lechef,'dit almarny, c’est-à-dire, emir-el-moumenin ou « prince des croyants »,n’exerce son pouvoir de souverain temporel et de grand-prêtre qu’en pre-nant l’opinion des anciens et des notables; dans chaque village l’élémentélectif possède une grande part de l’administration locale. En réalité cesont les familles riches qui gouvernent. 11 en est de même chez les Foulamétis ou Toucouleurs du Fouta : leurs chefs héréditaires nomment l’al-mamy, et souvent pour un temps très court. Leur autorité va jusqu’à pou-voir infliger la peine de mort, à la seule condition de faire ratifier le ju-gement par l’almamy; mais son acquiescement est une formalité qu’ilne saurait refuser à ses véritables maîtres 5 . Lors de l’arrivée des Portugais dans le pays, le chef principal des Foula, qui paraît avoir été un roi trèspuissant, était désigné sous le nom de « Grand-Foula » (Grào-Fulo) ; plus

1 Xoirot, .4 travers le Fouta Diallon et le Bambouc.

2 Bérengcr-Féraïul ouvrage* cilo

su.

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