INDUSTRIE DE LA SÉNÉGAMIilE, ESCLAVAGE.
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sont envoyés à liiro de curiosités, le Sénégal n’expédie point de produitsmanufacturés en Europe . Le travail des artisans indigènes s'applique seu-lement à la fabrication d’objets utilisés dans le pays. Les tisserands, beau-coup plus nombreux que les autres gens de métier, sont fort habiles à tis-ser des pagnes, dont le lil blanc est en colon indigène, tandis que les fdscolorés sont importés de France ; les signares de Saint-Louis envoient desétoffes d’Europe à Jîakcl pour les faire teindre à la mode indigène. Lelafétone, la bombardeira des Portugais (asclépias calotropis), produit unelibre qui sert pour le rembourrage et qui pourrait être employée à la fabri-cation d’étoffes légères et résistantes. Les bijoutiers noirs sont aussi ha-biles (jue les Maures de la Berbérie, et fabriquent des objets en filigraned’un travail aussi délicat, quoique leur outillage soit encore plus grossier.Les forgerons font des poignards, des fers de lance et des hilaires, sortesde houes en forme de croissant, dont se servent les agriculteurs. Les bri-queteries, les cbaufourneries des environs de Saint-Louis et de Dakar n’ontpas réussi à soutenir la concurrence des usines de France , qui envoientdes produits plus coûteux, mais de qualité bien supérieure; quant auxhuileries, qui extraient directement l’huile d’arachides pour la consom-mation des indigènes, elles prospèrent malgré la cherté du combustible.Sous la direction des Français , les charpentiers noirs de la côte construi-sent d’excellentes embarcations, non moins solides que celles des chan-tiers d’Europe . Les maçons de Forée sont très demandés, jusque dans lescolonies anglaises de Sierra-Leone .
Les Ouolof, qui pour la plupart possèdent des terres en quantité suffi-sante à leur entretien, travaillent rarement comme journaliers; mais ungrand nombre sont des artisans fort habiles, et c’est grâce à eux que se fonttous les travaux de construction à Saint-Louis et à Dakar . Les manœuvresproprement dits sont presque tous des émigrants loucouleurs qui se louentpour une saison de trois mois et retournent dans leur pays avec un petitpécule. L’esclavage existe chez tous les indigènes, à quelque race qu’ilsappartiennent, Maures, Foula, ou nègres. Les captifs dits « de case », quifont partie de la maisonnée du maître, sont considérés comme des mem-bres secondaires de la famille et leur sort matériel ne diffère point de celuide leurs commensaux. Les esclaves qui exercent des métiers manuels,charpentiers, maçons, forgerons, potiers, tisserands, jouissent aussipour la plupart d’un grande liberté pratique; moyennant partage de leursprofits, ils sont leurs propres maîtres et peuvent eux-mèmes posséder desesclaves; quelques-uns d'entre eux finissent par devenir des personnagesdans l’Etat. Quant aux esclaves des champs, que surveillent les esclaves