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Livre XII. L'Afrique Occidentale.
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VOIES 1)E COMMUNICATION DE LA SÉNÉGAMD1E, SAINT-LOUIS. 249

la bouche d’un grand ileuve navigable, et quand elle fut fondée, les bâti-ments qui faisaient le commerce dans cette partie de l'Afrique avaientun tirant d’eau bien moindre que les bateaux à vapeur de nos jours : laplupart des navires qui se présentaient pouvaient tenter sans retard le pas-sage du seuil d’entrée. En outre, l’emplacement choisi pour la fondation de.la forteresse et du comptoir était d’une défense facile, grâce aux deux brastluviaux qui l’entouraient : des milliers d’indigènes n’auraient pu songerà l’attaque d’une ville défendue par ces fossés naturels. Le chef qui céda Fileaux Français reçut pendant longtemps un léger tribut et, seul parmi lesnoirs, il avait le droit d’entrer au fort armé de son sabre 1 .

Saint-Louis ou Adar. tel est son nom ouolof, emplit de ses carrés régu-liers les deux tiers de File ovale, de plus de 2 kilomètres en longueur,qu’entourent les bras du fleuve. La plupart des maisons, qui s’alignent desdeux côtés des rues, dans le quartier dit crétinn ou «chrétien », sont pro-pres, bien bâties; mais vers les deux pointes de File des paillottesde nègresaux toits coniques contrastent avec les casernes, les entrepôts, les hôtelsde l’administration ; le quartier du sud est celui où les traitants avaientétabli leurs gallo ou « captiveries ». La plus large des rues transversalesde Saint-Louis, au milieu de laquelle s’élève le palais du Gouvernement,aboutit à l’est à un pont de bateaux de (>o0 mètres qui traverse le grandbras du Sénégal et réunit la cité aux deux faubourgs, également insulaires,de Sor et de Bouëlville, où se trouve la gare du chemin de fer. A l’ouestet au nord-ouest, trois ponts d’une centaine de mètres joignent la cité deAdar aux quartiers nègres de Guet-Adar ou le « Parc de Adar », de Adar-Tout ou « Petit Adar » et de Gokhoum-laye, parfois envahis par les raz demarée quand soufflent les tempêtes du large ; l’allée où se promènent lesnégociants de Saint-Louis est une superbe avenue de cocotiers (fui passeentre les deux faubourgs occidentaux et traverse la « Langue de Barbarie »jusqu’à la mer toujours grondante. Quelques villas, entourées de jardins,sont éparses dans les faubourgs, mais la plupart des habitations sont descases de nègres, disposées en groupes suivant la nationalité de ceux qui lesont bâties, Ouolof, Foula, Toucouleurs, Sarakolé. Guet-Adarest habité sur-tout par des pêcheurs, marins fort habiles qui, en temps de danger, s’en-gagent toujours comme volontaires dans le corps des laptots.

Naguère une des principales causes d’insalubrité pour la ville de Saint-Louis étaient les citernes. Emplies par les averses pour toute la saison dessécheresses, elles oscillaient de niveau, et souvent les débris de toute espèce

1 Carrère et Paul Huile, De la Sênégambie française.

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