Band 
Livre XII. L'Afrique Occidentale.
Seite
261
JPEG-Download
 

RL'FISQUE, VILLES DU SALOUM ET DU BAS SÉNÉGAL .

261

comme les villages lacustres de l’ancienne llelvétie se voient dans ces terresalluviales, au milieu des vases que couvre et découvre le Ilot'.

Dans cette région la zone de commerce ne pénètre pas très avant à l’estdu Baol et de l'estuaire du Saloum. Les villages du Djolof, même üuarkhorla capitale, n’out qu’une faible population, et quant au Ferlo, il est presquedésert. Les eaux de l’hivernage, tombant sur un sol trop uni, s’évaporentsans former de ruisseaux, et la culture n’est possible que dans les raresclairières de la brousse; pour obtenir de l’eau, il faut creuser le sol à ibet bd mètres de profondeur. Aussi longtemps que le chemin de fer deSaint-Louis à Dakar ne se rainiliera pas vers le Foula et le Bambouk, leport de la barre continuera d’être l'entrepôt nécessaire de tout le commercequi se fait avec le liant Sénégal . Les stations intermédiaires de ce traficsont naturellement les escales riveraines du fleuve, situées aux bouches desaffluents ou aux points d’arrivée des caravanes. Richard-Toll ou le «JardinRichard» n’est plus guère qu’un village de nègres pécheurs, bâti près d’unepépinière, à la bouche du marigot de la Taouey (Touey), émissaire duPaniéfoul. Au delà, le poste de Bagana, établi en 1821, presque en facedes marigots de décharge du lac Cayar , a plus d’importance commerciale :son fort, entouré de jardins et bordé du côté du fleuve par de superbesfromagers, protège une bourgade de commerçants qui achètent les gommes,les cuirs apportés par lesï’rarza,el leur vendent des gargoulettes et des mar-chandises d’Furope; plus haut, le bourg de Caé et l’escale du L’oq sont aussivisités par les traitants des deux rives. Des coulées qui se ramifient danstous les sens permettent aux barques d’atteindre de nombreux villages duOualo et du Dimar, tantôt [aillées par la marée, tantôt ramenées par lecourant. Le flux monte jusqu’à l’odor, bourg fortifié qui existe depuis lemilieu du dix-huitième siècle. C'est l’escale des gommes pour les MauresRrakna et le principal poste de commerce entre Saint-Louis et Bakel.

Aéré, sur le bras du Sénégal qui limite au sud Pile à Morlil; Sablé, surle bras principal, mais près de l’extrémité orientale de cette grande île;Matam, en amont d’une autre bifurcation du fleuve, sont les escales detrafic dans la région du Sénégal moyen. Cette partie du cours fluvial a étévivement disputée entre les Français et les Maures, et même, pendant lesguerres suscitées par al llailji-Omar, les Toucouleurs essayèrent de barrerle lit aux bateaux français au moyen de poutres placées entre les rochers.Définitivement vaincus, ces musulmans zélés se sont retirés pour la plu-part sur les terrasses qui bordent au sud les marigots du Sénégal peu

1 Guy Grand, même recueil, i881.