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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
accessibles aux balcaux français '. A l’épo»!ue des pluies, les noirs de la rivegauche vont travailler les terres des .Maures situées sur la rive droite. Ha-biles à choisir un point du bord d'où le courant les porte de l’autre côté,ils traversent le fleuve en chevauchant sur un Ilot tour de bois léger,presque toujours une branche de boinbax 5 .
ISakel, (pie l’on rencontre en amont du pays des Toucouleurs, est la portedu haut fleuve, puisque en cet endroit les routes de commerce divergent àl’est vers le Guidimakha et le Kaarta, au sud-est vers le Bambouk, au sudvers le Koudou : c’est la région de lîakel que les traitants désignaientjadis du nom de Galam, appliqué d’ailleurs à tout l’ensemble du haut pays.Le fort, construit en 1820 et complété par trois tours bâties sur des col-lines rapprochées, est la citadelle la plus solide du haut Sénégal , le centrede résistance aux attaques des musulmans. Au pied des remparts segroupent quelques maisons européennes et les cases en paille et en pisé detrois villages de commerce, ouolof, soninké, kassonké, où viennent lesMaures Douaïch pour vendre leurs gommes; en outre, ils se fait à Bakelun trafic considérable d’arachides, de mil et de maïs; les traitants se pro-curent aussi dans ce marché un peu de poudre d’or, de l’ivoire, quelquesplumes d’autruche. Les marchands de Bakel envoient dans les villagesenvironnants des sous-traitants ou « maîtres de langue », (pii, suivantl’expression locale, vont « faire des comptoirs », c’est-à-dire échanger leursassortiments de marchandises contre les produits du pays". Bakel setrouve à peu près exactement sur la limite ethnologique entre les Mauresou Berbères et les populations noires. En aval, les Maures occupent la rivedroite du fleuve ; en amont vivent des nègres, les (ïuidimakha ou « Gensdes Bochers », parents des Kassonké de la rive gauche; plus haut encoreles Sarakolé, les Bambara, les immigrants toucouleurs se partagent le ter-ritoire. Cette situation sur la zone de contact entre plusieurs races ajouteà l’importance stratégique de Bakel, et par deux fois, en 1859 et en 1880,la garnison française a dû dégager le territoire environnant en donnantl’assaut au village fortifié de Guémou, placé sur la frontière des nègresGuidimakha et des maures Douaïch.
Au sud de Bakel, l’Etat musulman du Bondou, royaume foula qui a lecours de la Ealémé pour limite orientale, occupe le faîte de partage à peinemarqué qui sépare le Sénégal de la Gambie : là passe entre les deux fleuvesla principale voie de commerce, qu’ont suivie Bubault, Mungo Park ,
1 Gallieni, Voyage au Soudan français .
a Ricard, ouvrage cité.
3 A. Itarthélemy, Guide du Voyageur dans la Scnégainbie française .