VILLES DU FOl'TA-DJALLON.
de Timho; mais la plupart des blancs, Jlecquard, Mollien, Lambert, Bayol,Aoirot, ont dû la contourner pour continuer leur route. Gouldsbury, quil’a traversée et qui lui donne une altitude de 870 mètres, dit qu’elle couvreune jurande étendue, chacun de ses quatre cents enclos comprenant plu-sieurs buttes pour le maître, les femmes et les esclaves. Au nord se trouvele village de Tountouroun, dont les maisons dispersées occupent un espaceconsidérable sur un plateau élevé, presque sans arbres, où naissent lessources de la Gambie et de la Comba, source maîtresse d’un lleuvede la Guiné portugaise , Goba ou Bio-Grande. Au sud-est de Labé legros village de Séfour est la capitale de la province de Kolladé; au sud-ouest, une autre capitale de province, Timbi, peuplée de plus de <5000 ha-bitants, si ce n’est pendant la saison des travaux agricoles, se cache aumilieu des arbres dans la large et gracieuse vallée de la Kakrima, qui vase jeter dans l’Atlantique, entre le Pongo et la Mellacorée. Plus au nord,dans une. des hautes vallées tributaires du Bio-Grande, se trouve la ville deTouba, que Gouldsbury dit être « la plus grande « du Fouta-Djallon ; ellea 800 maisons, sans compter celles de la banlieue, et une vaste mosquée oùles guerriers et les marchands viennent invoquer Allah quand ils préparentune expédition importante. Près de Touba , un ruisseau tombe en jet d’unehauteur de 50 mètres 1 .
Presque tous les chemins du Fouta-Djallon sont de pénibles sentiers demontagnes; toutefois la partie méridionale du pays, près de Timho, offreen maints endroits des routes parfaitement entretenues, sablées avec, soinet bordées d’arbres fruitiers. La concession d’un chemin de fera Timho aété faite, on le sait, à M. Olivier de Sanderval ; néanmoins l’alinamy dit auvoyageur Bayol : « Je ne veux pas qu’on élargisse nos routes, que l’onvienne ici avec, des bateaux, que l'on fasse des chemins de fer. Le Fou tadoit être aux Foula, comme la France aux Français. » Quelques mots an-glais sont les seuls indices de Finfluence exercée par la civilisation euro-péenne. Tous les blancs sont confondus sous le nom de Portoukeiro ou« Portugais »% ce qui s’explique par les fréquents conflits que, les Foulade Labé et de Touba ont eus avec leurs voisins établis sur les bords duGelai et du Bio-Grande; mais de ce côté le trafic est presque nul. Le prin-cipal mouvement des échanges se fait dans la direction du sud-ouest, sui-vant le sens normal de la pente, vers la Mellacorée ou Sierra-Leone . En1881, plus de 1500 personnes, marchands et porteurs, accompagnèrent
1 Illue Book, C. 5ÜG5, Gouldsbury, Expédition to the Upper Gambia; — Petermann’s Mitthei-Inngen. 1882, Iteft 8.
- Olivier de Sanderval , De VAtlantique au iSiger par te Voulah-Djullon.