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Livre XII. L'Afrique Occidentale.
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RIVIERES RI SU), FORÊTS ET l’OI'LEATIII.XS.

dans la région de la Mellacorée, que se ti'ouve le eenlre de production pourle commerce marilime. Le kola croit dans les lorrains secs et ferrujn-neux, mais abondamment arrosés par les pluies; il atteint la hauteur doquinze à vingt mètres et termine ses branches par des fruits s’étalant enforme de corolles par bouquets de cinq ou six. Des enveloppes rugueuses onextrait des amandes dont la pulpe ressemble à celle du marron. La noixde kola est fort amère, mais quand on l’a goûtée, l’eau qu’on boit, simauvaise fût-elle, paraît agréable; on peut braver la soif et la faim pen-dant de longues heures et l’on se garantit des lièvres; en outre, le jus dufruit, mêlé à la salive et frotté sur le corps, le préserve de la piqûre desmoustiques : c’est là un avantage inestimable au bord des marigots. Chezles noirs, ce fruit, plus riche en théine (pie le thé lui-mème, est considérécomme un remède préventif presque universel et, sans aucun doute, il ya dans ce dire une part de vérité que nous révélera la pratique médi-cale. L’arbre est tenu pour sacré et dans certains cas l’approche en estinterdite : le toucher serait s’exposer à la mort. 11 existe deux variétésd’arbres, l’une qui porte des noix rouges, l’autre qui donne des noixblanches. Celles-ci, envoyées par un chef, sont un symbole d’amitié, lesnoix rouges annoncent que le sang sera versé 1 .

Ilans le pays des Rivières comme dans toutes les autres contrées del’Afrique occidentale, les populations les plus civilisées sont celles de l'in-térieur : la pression ethnologique s’est produite de l’est à l’ouest et les peu-plades du littoral, comprimées parleurs voisins, ont dû se disperser, perdreleur cohésion ethnique, se réfugier en communautés distinctes dans les îlesdéfendues par des marigots vaseux.

Les principales tribus refoulées dans les régions du nord sont celles desRaga, d’après lesquels toute la contrée est désignée sous le nom de Raga-laï. Au siècle dernier, Adanson les appelait Vagres, dénomination (pii serattache probablement à celle du promontoire le plus avancé de la côte,le cap Vei'ga : au sud de ce promontoire vivent les Sapé ou Somnba, appar-tenant à la même race que les Raga. Ceux-ci sont beaucoup moins noirs(pie la plupart des autres habitants du littoral : leur peau est d’un brunjaunâtre et leur face n’a pas ce nez aplati, ces lèvres bouffies que l’onconsidère comme appartenant au type nègre par excellence. Un Iraitphysique des indigènes que l’on remarque tout d’abord est l’horizontalité

1 (.opes do Lima , Mollion, ttalTcncl, liavul, ouvrages cilés.