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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
lequel résonnent les deux syllabes hou , bon : « Nous aimons le prophète,en son amour unis ! »
Parmi les peuples indigènes, plusieurs sont restés païens et nese distinguent guère des bimba, des Saffroko et des Kono par leur étatsoeial : tels sont les Kouranko, habitant les vallées qui s’étendent àl’ouest des Timni jusqu’au delà des sources du Niger . Ils se groupent encommunautés oligarchiques reconnaissant des chefs, mais se gouvernantnéanmoins par un conseil des anciens : aux vieillards revient l’honneurde vider les différends conformément aux coutumes, d’établir une justecompensation entre le crime et la peine, entre le tort et l’amende. Letalion est appliqué chez les Kouranko comme chez les montagnards duCaucase: c’est à la famille de la victime qu’il appartient de verser sangpour sang; le meurtrier d’un esclave devient esclave à son tour, à moinsqu’il n’en paye entièrement la valeur. Les Mandingues policés désignentavec mépris les Kouranko sous le nom de « Vilains diables », appellationque ceux-ci tiennent à honneur de mériter, dirait-on, car ils aiment beau-coup à se déguiser en monstres, au moyen de feuilles et de branchages, età rôder la nuit, en poussant des hurlements de bêtes fauves, afin d’ef-frayer les étrangers'.
Les Solima, apparentés aux Djallonké du bassin sénégalais et aux Sou-Sou des rivières du Sud, sont plus civilisés que les Kouranko, quoique fortméprisés par les Mandingues et les Houhoii comme ennemis de l’Islam .Ils vivent entre les lloubou et les Kouranko, dans l’admirable pays de co-teaux et de vallées situé vers les sources des Searcies et jusqu’au Djoliba ;comme leurs voisins, ils parlent un dialecte rapproché du mandingue, etcette langue est celle dont on se sert à la cour; ils rappellent, les Man-dingues de la Gambie par leur amour de la musique et la richesse relativede leurs orchestres. Comme les Djallonké, les Solima ont été en guerreavec les Foula : leur grand tambour de guerre est orné tout autour debarbes coupées sur des cadavres de lloubou, et au-dessous de chaquetouffe noire est inscrit le nom de celui qui la portail. l)e l’indépendanceou de l’asservissement des Solima résultera leur conversion à l’Islam ou le maintien officiel de l’ancien culte. Quelques défaites subies précé-demment par les Solima les avaient obligés à prendre le boubou des mu-sulmans, la victoire leur a permis de s’en débarrasser pour ne garder quele pagne des Kouranko. Néanmoins les Solima sont parmi les plus po-licés des Africains occidentaux : leurs champs sont bien cultivés, leurs
' ZweilVI et Mou-lier, ouvrage cité.