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Livre XII. L'Afrique Occidentale.
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KO U RA N KO, SOL I MA , MANDINGUES.

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villes soigneusement entretenues, l’aisance est générale ; leur code de civi-lité, lort minutieux, est parfaitement observé par tous; les étrangers sonttoujours accueillis avec bienveillance et bonne grâce; Laing, Reade , Zweifelet Moustier se louèrent beaucoup de l’hospilalilé généreuse rpii leur futdonnée par ces païens de la montagne. Depuis que les deux religions sesont disputé les Solima, ceux-ci sont devenus tirs indifférents; toutefois ilscélèbrent encore des sacrifices aux arbres et aux génies. D’après Reade , unpetit lac du pays des Solima, près de la capitale, serait peuplé de croco-diles sacrés, auxquels un féticheur apporte la nourriture journalière. Ason avènement, chaque nouveau roi, lui dit l’informateur de Reade , donnesa plus jeune lilie en pâture aux monstres, pour témoigner ainsi qu’enlaveur de son peuple nul sacrifice ne doit lui coûter. Tue vierge est char-gée de conserver le fétiche le plus vénéré; une autre, de porter la bannièredu roi dans les batailles. Les Solima ont, comme les peuples sénégambiens,des griots et des chanteurs, auxquels ils donnent le nom de yelli; ils lesméprisent, mais ils leur accordent de grands privilèges : on ne les peutfrapper ni emprisonner ni mettre à mort. Quand un yelli vient au monde,on se bâte d’éteindre jle feu dans la cabane et l’on jette dehors tous lesobjets de ménage et d’ameublement, puis on va chez les voisins chercherce qu’il faut au nouveau-né. « Tu vois, dit-on à l'enfant, nous n’avonsrien. Il nous faut mendier l’eau qui lave, les noix de kola qu’on donne àtout visiteur. Quand lu seras grand, tu mendieras comme nous'. »

A Freetown les marchands mandingues sont nombreux et, grâce à eux,l’Islam se répand de plus en [tins. Au commencement de 18X6 la com-munauté mahométane comprenait 5000 individus, et ceux-ci se construi-saient une mosquée somptueuse 5 . Dans cette ville de fondation anglaise,remplie de missionnaires de toutes sortes, noirs et blancs, nulle propaganden’a plus de succès que celle des marabouts mandingues. Les gens de cettenation sont considérés comme l’élément ethnique le plus intelligent et leplus honnête de la population urbaine. Et pourtant toutes les races del’Afrique occidentale sont représentées à Sierra-Leone : cent cinquante lan-gues se parlèrent à la fois dans cette ville, don fies croiseurs anglais avaientfait le dépôt général des esclaves capturés dans l’Atlantique sur les vais-seaux négriers. Après avoir été, dès l’époque de la découverte par les Por-tugais , un des pays du littoral le plus visités des pirates pour la chasseà l’homme et l’exportation des noirs, Sierra-Leone devint un lieu d’asile

1 Winwood Reade , ouvrage cité.

- G. Rove, Bollcttino délia Società Geoyrafica [laliana, aprile 1880.