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Livre XII. L'Afrique Occidentale.
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CHAPITRE IV

LIBERIA

Le « Pays de l;i Liberté» n’a pas encore tenu tontes les promesses queses fondateurs ont faites en son nom, et, par réaction, la plupart desvoyageurs qui louchent en passant quelque port de la République se lais-sent aller à des appréciations sévères, inspirées souvent par des préjugésde race. Pourtant n’est-ce pas déjà un événement capital que celte consti-tution d’une société qui se compose entièrement do (ils d’esclaves ou d’af-francliis et qui a pris pour domaine un territoire où les négriers venaientformer leurs rhiourmos de captifs? D’ailleurs, quoi qu’on eu dise, Liberia ,loin d’élre un Liai plus lailde ou moins bien ordonné que les « colonies »européennes qui l’avoisinenl, a du moins Davantage d’être une véritablecolonie. Les immigrants qui l'habitent ne sont pas de simples voyageursde passage : ils se sont, établis à demeure el leurs familles continuentPieuvre qu’ils ont commencée. Par la langue, les mœurs, les institutions, ilsreprésentent aussi la culture européenne; mais ils sont noirs comme lesindigènes, et, quoique se tenant trop souvent à l’écart des indigènes, dansleur morgue aristocratique de «civilisés», ils n’en exercent pas moins à lalongue une action considérable sur les tribus dans le territoire desquellesils ont bâti leurs cités. Presque toujours ils ont vécu en paix avec leursvoisins; el, moins pur la force des armes que par la voie _ ■ des

traités, ils en sont arrivés à dominer politiquement le vaste pays quis’étend à l’angle du continent. Cependant les Libériens ont eu aussi desguerres contre les tri luis sauvages et les ont réduites par des moyens bar-bares, en coupant leurs palmiers et en dévastant leurs cultures 1 .

Dès 1815 un nègre enrichi du Massachusetts emmenait à Sierra-Leonc

' John II. Simili, U. S. Consulat' Reports, Aug. 1885.

XK.