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une quarantaine de ses frères de race, et l’année suivante une société decolonisation se fondait en Amérique pour rétablissement de nègres affran-chis sur le littoral du continent d’où avaient été enlevés leurs ancêtres.La première expédition de libérés faite par ses sinus n’eut lieu qu’en 1820et se dirigea vers la baie de Fourali, dans l’estuaire de Sierra-Leone . Malaccueillis par les Anglais , les colons durent chercher une autre résidence,et deux années plus lard leur petit groupe, renforcé par de nouveauxvenus, s’établit au bord d’une baie que domine le cap Mesurado, à 550kilomètres au sud-est de Freetown . Les commencements de l’œuvrefurent difficiles : il fallut même défendre par les armes le premier cam-pement. d’abri; mais peu à peu le territoire de colonisation s’accrut,et presque chaque année de nouvelles bandes de terrains, délimitées à lamanière américaine par des lignes géométriques et parallèles, perpendicu-laires au rivage, s’ajoutèrent au domaine de Liberia . Toutefois la colo-nie ne constituait pas encore un Etat indépendant : elle était toujoursadministrée par les délégués de la société américaine , ce qui l’exposait, à defréquentes difficultés diplomatiques, les marins anglais qui commerçaientsur cette côte se refusant à payer les droits de douane à une compagnieprivée. Enfin, la société directrice consentit à faire abandon de son autorité:1848, la grande année des révolutions en Europe et, en Asie , vit la nais-sance, sur le sol africain , de la nouvelle république nègre. La plupart despuissances s’empressèrent de reconnaître l’indépendance de Liberia ; seulsles Etats-Unis de l’Amérique du Mord dédaignèrent de se commettre parune formalité polie envers une communauté politique composée de fils d’af-franchis ; il fallut que la guerre civile éclatât et que la proclamation de Lin-coln affranchît les esclaves, pour que la rc^ e américaine se décidât
enfin à reconnaître le fait accompli sur la côte d’Afrique. Lorsque Libéria se rangea au nombre des États régulièrement constitués, elle comprenaitenviron 8000 citoyens et 550 000 indigènes. En 1882 le nombre des citoyensétait de 18 000 et le chiffre approximatif de tous les autres habitants despavs vassaux était évalué à 1 050 000 individus. Toutefois il faudraitretrancher de ce recensement sommaire les habitants de la zone du litto-ral comprise entre la pointe Manna, près de l’ile Sherbro, et la rivièreManna, près du cap Mount. De par le droit du plus fort les Anglais deSierra-Leone se sont attribué définitivement celle contrée en 1885,quoique la république de Liberia possédât les titres des acquisitions con-clues à diverses époques depuis 1850. Le domaine de colonisation s’étendsur un espace de 57 200 kilomètres carrés : en y ajoutant tous les terri-toires protégés officiellement en vertu de traités conclus avec les peu-