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Livre XII. L'Afrique Occidentale.
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CLIMAT, FLORE ET FAUNE, HABITANTS I)E LA COTE DE L’OR.

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dix-huitième siècle, raconte comment un éléphant vint se faire tuerdans le jardin du fort; mais de nos jours les grands animaux ont presqueentièrement disparu de la région côtière. Jusqu’au delà des monts d’A-dansi, Adjamanti, Akwapem, les chasseurs ne trouvent presque plus degibier. Mais les savanes d’oulre-mont, notamment celles de l’Okwahu, àl’ouest de la Voila, sont très riches en vie animale, éléphants, hufiles,gazelles, sangliers, félins et canidés de diverses espèces. Les hippopotameset les crocodiles sont encore nombreux dans la Voila, malgré les bateauxà vapeur des blancs qui viennent troubler les eaux. Parmi les singes desforêts on remarque surtout le singe noir à barbe blanche et le singe griscendré au long poil soyeux, dont des peaux sont expédiées en Angleterre.Dans les savanes, le monde des papillons est aussi richement représenté quecelui des Meurs : le naturaliste Buchholz en recueillit sept cents dans uncourt voyage. Parmi les milliers d’insectes se trouve maintenant la redou-table chique américaine (pulex pénétrons), importée du Brésil par les nègresaffranchis : on rencontre fréquemment des Fanti qui ont perdu leursorteils par suite de l’éclosion des œufs que les chiques introduisent sousles ongles. La mouche, tsélsé ou quelque espèce analogue lue le bétail enmaintes parties du littoral 1 , et les dévastations des fourmis sont telles, quedes volailles ont été dévorées dans les basses-cours, attaquées la nuit parces insectes; parfois les noirs sont obligés de quitter leurs habitations,laissant la place aux envahisseurs. Le grand ennemi des fourmis est l’apra(munis lonijicuudatus), qui est entièrement cuirassé de fortes écailles etqui dort enroulé dans sa queue comme un serpent. Pour les gens du paysl’animal le plus précieux est une espèce d’escargot qui, dans 1 ’Achanli,constituerait, d’après Donnât, la principale nourriture.

Les populations de la côte de l’Or appartiennent à deux souches distinctes :les aborigènes vaincus et les conquérants. Les plus anciens habitants sesont maintenus en tribus séparées dans le liant bassin de la Voila, et notam-ment dans les régions montagneuses ; ceux du pays de Brong, au nord-estdu royaume des Achanti, sont désignés par ces noirs sous le nom de Poloso,synonyme de « Barbares ». La plupart d’entre eux parlent legouang. le niaou des dialectes rapprochés, provenant de la même origine que ceux deleurs vainqueurs; mais il en est peu qui ne connaissent aussi l’idiome deleurs maîtres politiques, l’odji ou le ga. Les différences physiques des deux

1 Wmwood Reacle; — Richard Burlon, ouvrages cités.