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Livre XII. L'Afrique Occidentale.
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POPULATIONS DE LA COTE DE L'OR, ACHANTI .

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région côtière est d’origine immémoriale. Dans celle partie de l’Afrique ils'accomplit dn nord an sud, tandis que dans la Sénégambic il se lait del’est à l’ouest, mais en partant du même centre dans le Soudan . 11 se con-tinue de nos jours dans le pays des Achanti : les Mandingues mahomé-tans sont fort nombreux dans les villes principales, et même plusieursEtats gouvernés officiellement par des « féticheurs » se trouvent main-tenant sous l’inlluence prépondérante de l'Islam 1 .

Les Achanti sont physiquement un des plus beaux peuples du continentafricain : ils sont grands et bien proportionnés; les femmes ont la taillegracieuse et les traits réguliers, ha peau est. très noire et les cheveuxcrépus, mais le nez est assez mince, les lèvres n’ont pas de forte saillie; ilsemble probable que dans leur pays d’origine les Achanti se sont croisésavec Arabes et Berbères; ils ne se défigurent, comme nombre de leurs voi-sins, ni par des tatouages ni par des coupures. Ils ont une compréhensiontrès rapide des choses, une excellente mémoire et savent parfaitement s’ac-commoder au milieu. Au bord des ruisseaux il se font cultivateurs; dansles steppes ils paissent le bétail ; sur le rivage de la mer et des lagunes ilssont pécheurs et bateliers; dans les villes ce sont des commerçants trèsactifs, des artisans ingénieux : ils lissent les étoffes, tournent et vernissentles poteries, forgent le fer et en fabriquent des instruments et des armes,brodent des tapis, sertissent l’or et les pierres précieuses. Leur langue,connue sous diverses dénominations (odji, otchi, (chi, (oui, etc.), est unedes plus harmonieuses, des plus sonores de l'Afrique : d’ailleurs c’est aussil’une de celles qu’on a le mieux étudiées. Dès l’année 1(575, le danois Mill-ier publiait un vocabulaire d’une langue de souche achanti; plusieursautres recueils du même genre furent rédigés au dix-huitième siècle, etrécemment de savantes grammaires, des dictionnaires, des recueils de tra-ditions orales ont vu le jour: on possède déjà les éléments nécessairespour un commencement de linguistique comparée entre les divers dialectesachanti pendant une évolution de deux siècles. Le parler des cours estl’akan, langage de la province d’Akim, située dans l’angle limité à l’est etau nord par les montagnes d’Accra et d’Okwahu; toutefois le dialecte quisemble le mieux approprié à un rôle littéraire est celui de la provinced’Akwapem, voisine d’Accra : c’est en ce langage qu’ont été traduits leslivres sacrés, les prières et les hymnes des chrétiens. Le dialecte desFanti de la zone littorale, entre Accra et Cape-Coast , n’offre guère,comparé à l’aehanti, qu’une différence de prononciation. Avant l’inter-

1 Ramseyer, Quatre ans chez les Achanti .