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Livre XII. L'Afrique Occidentale.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

clans est devenu si nombreux, qu’il a reçu le surnom d’immortel. Dansces lamilles de couleur les mariages consanguins même entre frères et

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sœurs de mères différentes, sont très communs, et l’opinion ne lesréprouve point 1 .

l.a nation indigène la plus puissante du groupe des Eoué est celle desFou, appelés maintenant Daouma ou Dahoméens, du royaume qui se con-stitua dans la première moitié du dix-septième siècle au nord du littorald’Ajuda ; d’après une légende qui n’a peut-être aucun fond historique,ce nom de Dahomey ou Daliomé, signifiant « Ventre de Dali », rappelleraitun général qui, après avoir fait le vœu de sacrifier Dah, son propre roi, s’ilparvenait à s’emparer d’une ville depuis longtemps assiégée, s’empressa detenir sa promesse après la victoire, en ouvrant le ventre de son souverainet en plaçant la première pierre dans les viscères sanglants 5 ; d’après d’au-tres auteurs, le vrai nom du pays serait Danhomé , « Ventre du Serpent »,et se rattacherait à la légende d’un serpent fétiche. Les gens de Dahomey ,vains de leur histoire de guerres et de conquêtes, se distinguent néan-moins par l’intelligence cl la promptitude d’assimilation ; ils apprennentles langues étrangères avec une remarquable facilité : les mesures compa-rées de Broca ont démontré qu’ils sont parmi les peuples de la Terreayant la plus forte capacité crânienne 3 . Les formes de la politesse sonttrès en honneur chez eux : une stricte étiquette leur dicte les parolesà prononcer, les révérences et les agenouillements à faire suivant laqualité des personnes qu’ils rencontrent; même quand un dignitaire duroyaume, sans se montrer lui-même, se fait représenter par sa canne, queporte un esclave, cet insigne est reçu partout avec de grandes démonstra-tions de respect; devant le bâton du roi, tous se prosternent commesi le maître lui-même était apparu. Par l’abaissement des sujets, parla tyrannie des maîtres, le royaume de Dahomey ressemble singuliè-rement à celui des Aehanti, et de tout temps les souverains des deuxpays se sont reconnus comme frères, s’envoyant l’un à l’autre de fas-tueuses ambassades. En peu de contrées le souverain et les grands ontprocédé avec plus de logique à la consolidation de leur pouvoir par l’in-stitution de symboles et de cérémonies qui rappellent toujours à la foulela majesté royale.

Le souverain est un dieu : son pouvoir est sans limites; la vie et la for-tune de ses sujets lui appartiennent sans restriction; il est le maître de

1 B. Ecris, La Cèle îles Esclaves ; — Skertchley, Dahomey as it is; — Hugo Zôllcr, Kamerun .

- Winwood Rende, Savaye Africa.

5 Topinard, Anthropologie .