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Livre XII. L'Afrique Occidentale.
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DAHOMEY , COUTUMES ET RELIGION.

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laient sc suicider; meme un simulacre d’anthropophagie se pratiquaitrécemment : on grillait des cadavres et on en mâchait les viandesencore fumantes. Lu code de lois terribles fournissait toujours enabondance les « criminels » pour les coutumes. Les esclaves redoutaientà bon droit d'être vendus dans le Dahomey : pour eux c’était marcher àla mort.

D’ailleurs la perspective d’une lin violente n’avait rien de bien effrayantpour la plupart, des naturels. La croyance à l’immortalité était si par-lai te chez les Dahoméens, que la mort leur semblait être simplementle passage d’une vie transitoire de rêves à la vie réelle et permaneirle :quand le roi, « cousin du léopard », voulait s’entretenir avec ses an-cêtres, il tuait de sa main le premier venu pour l’envoyer comme mes-sager dans le monde lointain, et la famille du mort se considérait commetrès honorée d’avoir fourni un ambassadeur au souverain ; on raconte([ne des envoyés de ce genre, grièvement blessés et se réveillant d’unlong évanouissement, retournaient auprès du roi, croyant revenir del’autre monde. La lutte des religions qui sc disputent la conquête desesprits aura certainement pour résultat d’amoindrir la foi naïve desindigènes dans la continuation de leur vie par delà le tombeau, et parsuite l’existence terrestre sera [dus respectée. Ce n’est pas seulementpour complaire à leurs alliés d’Europe que les Dahoméens ont cessé decélébrer leurs grandes coutumes par les égorgements en masse qui pa-raissaient autrefois nécessaires au souverain « pour la conservation de lamonarchie» 1 , une évolution graduelle les entraîne à tenir plus en hon-neur la vie présente.

Si nombreux dans le pays sont les féticheurs ou vodoun, (pie l’esclavagemême et les transportations en masse n’ont pu rompre la corporation etque par delà l’Atlantique, à Haïti notamment, on a vu renaître leur orga-nisation sous le nom de « culte des Yaudoux »*. Le culte des dieux, l’ado-ration des fétiches, qui rappellent les ancêtres ou personnifient les forcesde la nature, ne se font plus avec la même révérence qu’autrefois, maisc’est encore avec une terreur religieuse que l’on s’approche des lieuxsacrés. Le « Seigneur des Esprits », appelé aussi le « Ciel », la « grandeOmbre », et représenté en même temps par le Soleil, est pour les indigènesun être trop élevé pour qu’ils osent l’invoquer 3 ; ils s’adressent auxgénies secondaires qui rellètent une artie de sa lumière et. empruntent

’■ RorgluM'o, Annules de la Propagation de la Foi, 18(30.

- J. E. Rouclic, mémoire cité.

5 Burlon, Dahome; — J. E. Bouche, Contemporain, 1 er novembre 1874.