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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
mi peu de son pouvoir. En certaines villes on adore un serpent inoffen-sif, le dangbé, symbole du bonheur parfait et de la bienveillance; ailleursle patron des citoyens est le caïman, le léopard, le chien, le singe outel autre animal. En dehors du Dahomey, les indigènes d’Ajuda , qui viventau bord de la mer grondante, adoraient surtout le dieu des vagues, auquelils avaient assigné cinq cents femmes : à certains jours, le prêtre s’avançaitsur la plage pour enjoindre aux brisants d’interrompre leur fracas éternel.Les féticheurs jettent encore dans le flot du riz, de l'huile, des graines etdes cauris, pour apaiser sa fureur, mais on a cessé de lui offrir unevictime humaine, revêtue des insignes et portant le siège et l’ombrelled’un cabécère. On rend aussi un culte aux âmes des grands, vivants oumorts, cl quelques nègres, professant sous une autre forme la même reli-gion (pie maints philosophes blancs, adorent leur propre âme, non « quandelle descend dans le ventre », mais quand elle « monte dans la tète et remuedes idées 1 ». Il n’est guère d’objet qui ne soit considéré comme ayantson âme, [tonne ou malveillante, et que l’on n’invoque comme un fétichepour obtenir sa protection ou échapper à sa colère. La croix des chrétiens,léguée par les convertisseurs portugais , est un vodoun respecté, que lesDahoméens portent sur la poitrine et montrent avec orgueil aux mission-naires catholiques. Les baïonnettes, les canons sont aussi devenus de grandsfétiches, et les armes qui furent en diverses occasions envoyées au roi deDahomey par des gouvernements d’Europe ne manquèrent [tas d êtreaccueillies avec transport, non seulement parce qu’elles assuraient la vic-toire dans les batailles, mais aussi parce qu'elles protégeaient le pays deleur inlluence magique, meme eu temps de paix. Depuis longtemps lesmusulmans portent aussi leurs amulettes dans les villes de la cote. On lesconnaît sous le nom de « Malais », sans doute par confusion avec l’appel-lation de Mali ou Ma lé sous laquelle étaient autrefois désignés les Man-dingues.
Le vaste territoire compris entre le Dahomey , le golfe de Denin et le ver-sant du .Niger est habité par des peuples de dénominations diverses, Eyo,Iktou, Egba, Yébou et autres, qui parlent tous les dialectes de la memelangue yorouba, composée de monosyllabes agglutinés : ce sont les Nago,appelés aussi Yorouba comme leur pays et l'idiome qu’ils emploient. ASierra-Leone ils sont généralement désignés sous le nom d’Akou, que leurvalent les akoti, c'est-à-dire les « salutations » dont ils s’accueillent, ils nediffèrent que peu de leurs voisins les Eoué : ils sont comme eux d'assez
1 J. E. Bouche, mémoire cité.