Band 
Livre XII. L'Afrique Occidentale.
Seite
505
JPEG-Download
 

ABEOKOl'TA.

50o

métier; chaque chef de famille doit avoir sa profession. Les fabriquesd’étoffes, les teintureries sont nombreuses; des centaines d’ouvrierss’occupent des travaux de construction et savent bâtir des maisons aveccolonnades et cour centrale. La principale industrie est, celle de la cul-ture; les alentours immédiats de la ville sont laissés en friche à causedes dégâts qu’y feraient les bestiaux, mais une zone de champs et devergers s’étend au delà à une distance moyenne de S à 50 kilomètresautour de l’enceinte. Abeokouta se complète par des ports sur l’Ogoun .Quand les eaux sont hautes, les bateaux peuvent remonter la rivière jus-qu'aux rapides d’Aro, à 5 kilomètres de la ville : là se trouvent déjà deschantiers et des magasins pour l'entrepôt des huiles de palme. Lors desbasses eaux, les bateaux s’arrêtent en aval, au pont d’Agbaineya ; enlin, entemps de maigres, il arrive que les voyageurs de Lagos ne dépassent [tassur la rivière le village d’Igaon, dans le voisinage de l’estuaire marin. Ladistance tôt,ah' d’Abeokouta à Lagos est de 150 kilomètres, tandis qu’enligne droite elle est seulement des deux tiers. Les victoires répétées dela république sur le roi de Dahomey en 186t2, puis les deux années sui-vantes et en 1875, ont eu pour résultat d’assurer aux Egba la posses-sion incontestée de la rivière Ogoun et de ses rives jusqu’aux bords de l’es-tuaire : ils jouissent d’une libre communication avec Lagos et la mer; maisils ne tiennent pas à la rendre plus facile par la construction d’une granderoute carrossable, qu’utiliseraient les chars et peut-être un jour les convoisd’artillerie des généraux anglais .

Le premier magistrat de la république, portant le litre de roi, ne peutêtre choisi que dans l’une des quatre tribus principales de la nation : sonpouvoir est strictenïent limité; on le considère surtout comme un juged’appel pour la réforme des verdicts prononcés par les chefs de clans. Leroi est élu à vie; cependant, si les justiciables ne sont pas satisfaits de sesdécisions ou de sa conduite, ils lui envoient une délégation qui l’invite àse retirer. Autrefois on lui enjoignait de « s’endormir », et cette invita-tion était toujours comprise : le roi se relirait dans son harem et peude jours après on apprenait que le « sommeil » royal avait commencé’.Le deuxième personnage d’Abeokoula, le premier par la puissance réelle,est le bacheroun ou commandant en chef des armées. Sa part de butindans les guei*res lui a valu de grandes richesses; quant aux chefs secon-daires, ils ont pour revenus les taxes d’octroi perçues aux cinq portes dela ville. Quelques droits de police, la corvée et, en cas de danger natio-

1 Noms; — Bouche; — Richard Burton, ouvrages cités.

XII.