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Livre XII. L'Afrique Occidentale.
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NOUVELLE GEOGRAPHIE UNIVERSELLE .

Nelia, reparaît à la lumière. Quand le peuple veut invoquer le génie deseaux, on amène un bœuf au-dessus de la perte du fleuve, puis on dépouillel’animal, le prêtre s’empare de la chair et l’on précipite la peau empailléedans le courant. Quelques minutes après la voici qui, après avoir cheminésouterrainement, dresse tout à coup sa tète au-dessus du gouffre d’aval, ba-lance ses cornes à droite et à gauche, puis est engloutie de nouveau, em-porté par le flot. Ce merveilleux voyage dans les profondeurs témoigne dela sainteté des eaux du Tembi : on raconte que nul guerrier, nul hommeayant versé le sang, ne peut en approcher; elles font périr le coupablequi a l’impiété d’en boire, car elles sont une liqueur magique et non desimples eaux comme celle des sources qui, de l’autre côté des montagnes,à l’ouest et au sud du borna, descendent vers le Jvamaranka et le Saint-l’aul. Ou comprend le regret qu’eurent Zweifel et Mouslier lorsqu’onleur remit la noix de kola rouge qui leur interdisait absolument l’accèsde la source sainte. Conscients néanmoins d’avoir fait un voyage qui nesera point oublié dans l’histoire géographique, ils gravèrent leurs nomssur l’écorce d’un arbre, avec la date de leur passage. Blessé au cœur eûtété l’un d’eux si son avenir lui était apparu à ce moment, s’il s’était vu,en récompense de ses fatigues et de ses dangers, condamné, chez sesconcitoyens, à chercher dans la mort un refuge contre la misère!

L’allitude de la source du Tembi peut être évaluée à Sot) mètres d’aprèsles indications des deux explorateurs. Le « père du Djoliha » décrit unepremière courbe vers l’est, puis, suivant une direction à peu près parallèleau méridien, s’unit à un autre cours d’eau, presque son égal, le Faliko, etforme avec lui la « Crande Eau », à 140 kilomètres du Tembi-koundou.Changeant de direction au confluent, le fleuve coule vers le nord-est, et, saufquelques inflexions à droite et à gauche, maintient son lit dans le mêmesens jusqu’au delà du Soudan français et de Ségou. De nombreux affluentsaccourent des monts et des plateaux voisins; même le Fouta-Djallon , cegrand faite de partage entre les eaux, lui envoie un tributaire considérable,le Tankisso, appelé aussi Baling ou « Fleuve Noir » comme la branchemaîtresse- du Sénégal : c’est la limite méridionale des territoires placés sousla suzeraineté de la France . En cet endroit, qui se trouve à 430 kilomètresseulement de la source, le Niger a déjà descendu beaucoup plus de lamoitié de sa rampe totale : il n’est plus qu’à 329 mètres au-dessus de lamer et s’étale largement dans un lit faiblement creusé, qu’il est facile depasser à gué pendant la saison sèche; mais lors des inondations le cou-rant déborde à plusieurs centaines de mètres des berges et d’une rive àl’autre les expéditions de guerre et de commerce sont arrêtées. Devant